Home > Morocco > Zoom sur

LA STRATÉGIE DES PRODUCTEURS DE MARBRE DE BOTTICINO : QUALITÉ ITALIENNE ET DÉBOUCHÉS COMMERCIAUX DANS LE MONDE ENTIER
Même les colonnes du Shin Hankyu Hotel de Kyoto, du Hilton et du Sheraton de Buenos Aires portent la signature du consortium des producteurs de marbre Botticino Classico. La majesté de ces œuvres en marbres raconte un siècle d’histoire de cette production et témoigne la capacité des petits et moyens producteurs de la région de Brescia à imposer leur marque à l'étranger. Les marchés extracontinentaux, l’Inde en tête, sont aujourd’hui la chasse gardée du petit empire industriel qui gravite autour de la Valverde, au cœur de la commune de Botticino.
Forts d’une identité et d’un caractère 100 % italien, les leaders de la production de marbre de la région de Brescia qui adhèrent à la filière de qualité par l’intermédiaire d’un ensemble de petites et moyennes entreprises ont une orientation à l’exportation qui ne craint pas la concurrence. « À dire vrai, confesse Giovanni Merendino, président du district des producteurs du marbre Botticino Classico, aujourd’hui, sans les exportations, notre secteur serait voué au déclin. À cause de la crise, le secteur italien du bâtiment se trouve dans une véritable impasse. À moment donné, nous nous sommes rendu compte que l’étranger était notre seule bouée de sauvetage. Nous avons fait ce choix et cela s’est bien passé ».
En effet, il y a peu de secteurs pour lesquels la dépendance vis-à -vis d’autres secteurs de production devient un facteur de survie. Dans le cas du marbre, le secteur de production va de pair avec le secteur du bâtiment. C’est la raison pour laquelle l’Inde s’est imposée comme le principal consommateur du marbre venant d’Italie. Le boom immobilier que connaît le continent asiatique explique ce succès sans précédents qui contredit la tendance observée dans les pays occidentaux. Dans le panorama mondial des marbres produits par le consortium de Botticino, la part des exportations du secteur représente 80 %. Sur cette part, environ 50 % sont directement placés sur le marché étranger, la part restante est vendue à de gros distributeurs qui réalisent également la majorité de leurs transactions sur les marchés étrangers. Les 20 % restants de la production se répartissent sur le marché national. Dans le panorama mondial du marbre Botticino, seule l’Inde, selon les derniers chiffres, absorbe une part de production de 50 %. Les exportations directes à destination des marchés historiques tels que la Corée, Taiwan, le Japon et la Russie connaissent en revanche une certaine stagnation.
Comme cela est le cas pour la majorité des produits de qualité, le Consortium de Botticino qui regroupe aujourd’hui 11 entreprises et qui emploie 300 personnes, l’internationalisation ouvre la voie au risque de contrefaçon. Les marchés ont créé des canaux parallèles d’imitations qui ont affecté le nom et la qualité du produit Made in Italy. Au cours de l’année écoulée, le chiffre d’affaires a voisiné les 35 millions d’euros, pour une production totale de 180 000 tonnes de marbre. Pour réagir, les producteurs ont choisi de lancer le protocole pour la reconnaissance de la marque collective d’origine.
En attendant, en matière de R&D, le consortium a lancé une collaboration avec l’Université de Brescia afin de réaliser une étude statistico-économique permettant de connaître les données actualisées du secteur et d'identifier les leviers de développement potentiels. « Il ne s’agit que de l’un des nombreux projets en chantier, ajoute le président du consortium Giovanni Merendino. Nous travaillons également à la naissance du district de production. Nous le faisons pour réduire au minimum le morcellement de la production et pour favoriser la cohésion de la filière. Il n’y a qu’ainsi que nous pourrons renforcer et soutenir la croissance directe des marchés internationaux de référence. »
|
|