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REPRISE DU MADE IN ITALY : EN 2006 EXPORT ITALIEN + 9 %
L'Italie reste dans le top ten des principaux Pays mondiaux exportateurs de marchandises et effectue une reprise sur les marchés internationaux : en 2006, les exportations italiennes de marchandises ont augmenté en valeur de 9 % (par rapport aux + 5,5 % de 2005). Il faut remonter à l'année 2000 pour connaître une accélération supérieure, lorsque la valeur avait augmenté de 17,8 %. La longue reprise effectuée durant les cinq dernières années, après la crise du 11 septembre 2001, a donc atteint son but. En 2006, en particulier, l'Italie a profité de la croissance considérable de la demande dans les zones émergentes avec, en premier lieu, les pays asiatiques et de l'Europe orientale, qui a déjà commencé depuis quelques années. Et si la balance commerciale italienne a enregistré un déficit de 21,3 milliards d'euros l'année dernière (9,4 milliards en 2005), au net des produits énergétiques, le surplus a été de 28,8 milliards d'euros, en ligne avec 2005 (de alors + 29,2 milliards).
Le rythme de croissance soutenu des ventes étrangères italiennes a été cependant inférieur par rapport à la tendance globale : les exportations mondiales ont augmenté en valeur de plus de 15 % et de 8 points de pourcentage en quantité. Même dans ce cas, ceci est dû à l'effet de la hausse constante des "marchés émergents" qui ont gagné des places dans le commerce mondial (l'importance du Far East a augmenté passant d'une part de 26,8 % à 27,3 %) au détriment de l'Europe (l'UE à 25 est descendue de 38,7 % à 37,6 %) et de l'Amérique Septentrionale (de 12,2 % à 11,9 %). L'Italie n'a pas été épargnée par la tendance générale mais en contenant, cependant, la baisse à deux dixième de point (de 3,6 % en 2005, à 3,4 % en 2006).
Ces principaux chiffres sont contenus dans le Rapport 2006-2007 de l'ICE, l'Institut national pour le Commerce Extérieur (www.ice.gov.it), présenté à Rome le 17 juillet dernier et réalisé avec la contribution de l'Institut national de statistique (www.istat.it), de la Banque d'Italie (www.bancaditalia.it) et du Bureau Italien de Change (www.uic.it).
En 2006, l'Allemagne, la France et les Etats-Unis se sont encore confirmés comme les principaux marchés de débouché du Made in Italy, avec des parts à l'exportation de respectivement 13,1 %, 11,7 % et 7,5 %. Il s'agit en valeur absolue de 42,9 milliards d'euros, 38,2 milliards d'euros et 24,7 milliards d'euros. En pourcentage, les taux de croissance à l'export les plus intéressants proviennent de l'Inde (+ 29,3 %), de la Russie, (+ 25,7 %), de la Chine (+ 23,9 %), de la Pologne (+ 21,7 %), de la Roumanie (+18,6 %), de la Belgique (+ 16,8 %) et de la Turquie (+ 9,9 %). La tendance positive de l'export italien de l'année dernière s'est encore accélérée durant les quatre premiers mois de 2007 : entre janvier et avril, les ventes étrangères italiennes ont augmenté de 13,3 % par rapport au premier quadrimestre 2006. La variation est moins brillante sur le front des importations (+ 8,3 %).
La perte de parts de marché de l'Italie enregistrée en 2006 - année positive pour le commerce mondial - est également due aux circonstances monétaires : même si elle a été faible, l'appréciation nominale de l'euro sur le dollar a désavantagé les entreprises italiennes, en détériorant leurs marges de compétitivité. Parallèlement, un repositionnement qualitatif des exportations italiennes s'est produit confirmant que la qualité, le goût et le design, typiques du Made in Italy, restent des éléments gratifiants, en dépit d'un coût moyen supérieur du fait de son positionnement dans la catégorie haut de gamme du marché. On assiste donc depuis quelques années - même lors d'une phase prolongée d'appréciation de l'euro - à une croissance des valeurs unitaires des exportations italiennes qui est supérieure à l'augmentation correspondante des prix à la production des biens industriels destinés au marché intérieur.
Une double tendance déjà entamée se confirme, à savoir : d'un côté, une intense sélection à l'intérieur du monde des entreprises qui expulse des marchés de l'export les entreprises les moins qualifiées et positionnée sur un segment de marché à plus basse valeur ajoutée ; de l'autre, une nécessité pour les acteurs qui restent sur le marché et qui sont contraints de se défendre des concurrents des économies émergentes, de se repositionner sur les segments de haute gamme, en délocalisant éventuellement à l'étranger les productions de qualité inférieure ou en adoptant des modèles de commerces 'légers'. Il s'agit de modèles qui prévoient la décomposition et l'externalisation de toutes les phases productives entre les nombreux sous-traitants, en conservant en Italie l'exclusivité du design du produit et le contrôle sur la gestion, sur la planification opérationnelle et commerciale ainsi que sur les procédés logistiques et de distribution.
Tout ceci doit, cependant, être confronté à une autre caractéristique particulière des entreprises italiennes : la coexistence de très peu de grandes entreprises, de beaucoup de moyennes-grandes entreprises et de centaines de milliers de petites et de micro entreprises. Si en 2006 le nombre des exportateurs a augmenté d'environ 2 %, à plus de 200 mille, plus de 60 % du total (122.129 opérateurs sur 200.102) sont représentés par des "micro-exportateurs", des entreprises avec un chiffre d'affaires qui ne dépasse pas 75 mille euros, mais qui sont motivées à aller au-delà des frontières italiennes. Ce dynamisme spontané qui, par certains côtés, représente la force de l'Italie, devra se mesurer, dans le futur, avec la nécessité de travailler ensemble et d'abandonner les expériences isolées. Ce fait dimensionnel reste, en effet, "un handicap", comme l'a observé Emma Bonino, ministre italien pour le Commerce International.
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