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LES ROUES ITALIENNES GÉNÈRENT UN CHIFFRE D’AFFAIRES ANNUEL DE 135 MILLIONS D’EUROS
Cette production génère plus de 135 millions de valeur (78 millions de roues) et elle est en grande partie destinée à l'exportation : ce sont les chiffres que les producteurs italiens de roues ont communiqué en décembre 2007 à l’occasion de la présentation des données du pré bilan de Anima , la fédération des Associations nationales de l’industrie mécanique qui affine les résultats de l’exercice précédent. La propension des entreprises du secteur à exporter est remarquable avec un taux d’incidence sur les profits pour 2007 égal à 58 %, soit une légère hausse par rapport à 2006 (où il atteignait 56 %). Les chiffres devraient rester stables en 2008. L’Union européenne est le principal débouché. D’une façon générale, la situation s’est améliorée l’année dernière aussi bien sur le marché national (+2 %) que pour les exportations (+4 %) face à une mise à jour des prix de vente de 1 %. Pour 2008, le secteur table sur une augmentation du chiffre d’affaires en Italie (+3,4 %) et à l’étranger (+3,8 %). L’emploi devrait rester stable autour de 750 salariés.
L’Ucir , une association adhérant à Anima, fédérant les producteurs italiens de roues et de supports pour les chariots industriels, pour le mobilier et les installations. Selon Paolo Alvisi, président de l’union des constructeurs italiens de roues, « désormais, on ne soulève plus rien » : tout ce qui se déplace est placé sur des roues. Notre segment de production compte donc une vaste gamme de produits allant des roulettes montées sous les sièges aux roues permettant de déplacer les chariots. Un autre domaine d’application en général est celui des services à la collectivité : des hôpitaux aux hypermarchés en passant par les grands présentoirs sur roulettes ».
Le secteur produit des millions de pièces. Le chiffre d’affaires annuel dans l’Union européenne serait de 500 millions d’euros. En Italie, ce secteur est représenté par 15 à 20 producteurs dont la majorité adhère à l’UCIR. Ce tissu se compose surtout de PME comptant entre 10 et 150 salariés. « Les constructeurs de roues, continue Alvisi, contribuent à réaliser de véritables systèmes de logistique mobile : de très nombreux objets qui nous entourent sont montées sur des roues. Même les plus inattendus…comme les machines à laver pour lesquelles nous produisons des millions de pièces. Sans oublier les étagères ou les grands rayonnages des supermarchés ».
Bien entendu, selon l'usage auquel il est destiné les caractéristiques du produit sont différentes : la roue pour collectivité (grande distribution, commerce, restauration) a un diamètre compris entre 30 et 125 millimètres. Des utilisations plus « intenses » imposent des dimensions supérieures comme dans le cas des roues des bennes à ordure qui dépassent 200 millimètres. La différenciation est encore plus pointue dans le segment industriel qui requiert des roues spéciales pour les chariots utilisés dans les usines, pour les machines de nettoyage industriel, pour les élévateurs et pour les ascenseurs. La roue, en effet, est également utilisée comme poulie.
L’industrie italienne des roues ne se concentre pas sur un district défini. Certains grands noms de ce secteur se sont organisés en petits pôles de production. « La plupart d’entre eux, explique Alvisi, sont dans la région de l’Émilie-Romagne dans la province de Modène et de Bologne, en Lombardie où est né un véritable mini district dans la région du lac d’Omegna et en Vénétie qui a favorisé la naissance d’entreprises qui fournissent l’industrie locale du siège ».
Une difficulté à laquelle l’industrie de la roue doit faire face depuis ces dernières années est l’augmentation du coût des matières premières constituées essentiellement de tôles en fer ou en acier, de boulonnerie, de roulements à billes, de caoutchouc et de polyuréthane (pour les « bandes de roulement ». « On peut faire face la hausse des coûts fixes, explique Alvisi, en réalisant les bandages en matière plastique. Dans certains cas, on choisit le nylon sans aucun revêtement, qui est fabriqué à base de caoutchouc (naturel ou synthétique) ou de polyuréthane. Et si dans certains autres secteurs les entreprises font peser la hausse des prix sur le consommateur final, pour nous ce sont les clients qui gouvernent les processus industriels, ils ne doivent pas être déçus : le fait que nous pratiquons presque les mêmes prix depuis au moins une décennie le confirme ».
La seule solution, dont les producteurs de roues disposent pour survivre, consiste à abandonner les segments de marché les plus bas, pour lesquels ils ne pourront jamais lutter contre les faibles coûts de leurs concurrents asiatiques. « Désormais, souligne le numéro un de l’Ucir, nous sommes positionnés depuis des années sur des produits plus haut de gamme en fournissant en même temps des services ayant évolué, par exemple, sous la forme d’une distribution capillaire. En Europe, nous sommes les seuls avec les allemands à fournir l’ensemble du continent ». Le facteur de différenciation de la roue italienne est son niveau de sécurité qui rend le produit sophistiqué et difficilement copiable en respectant les normes de prescription et de reconnaissance. « Celui qui réussit à se distinguer, explique Alvisi devient une véritable « griffe » du secteur. Quelques entreprises italiennes y sont parvenues, même si ce qui nous distingue des autres c’est la capillarité de notre service alliée à une grande flexibilité : nous sommes capables de livrer toute l’année, avec des délais désormais réduits à une semaine ».
Les fabricants italiens de roues s’intéressent également au design, le point fort traditionnel du Made in Italy. Récemment, une entreprise associée à l’Ucir a obtenu au cours d’un salon aux États-Unis du secteur le titre du meilleur design de roue destiné au mobilier de bureau. Selon les producteurs, la valeur ajoutée esthétique de la roue italienne doit toutefois aller de pair avec la plus grande simplicité d’emploi. Le thème de l’innovation est l’un des plus abordés : « La problématique centrale, explique le président de l’Ucir, est de créer l’interface entre les producteurs et les utilisateurs qui n’existe pas à l’heure actuelle. Nous avons du mal à communiquer de façon efficace avec les utilisateurs finaux qui sont pourtant les seuls capables de promouvoir l’innovation en expliquant les éventuels défauts du produit et qui souhaitent un objet mieux adapté à leurs exigences. L’amélioration de la conception passe nécessairement par la prise de contact avec les utilisateurs : c’est le principal défi qui attend notre secteur industriel dans les prochaines années ».
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