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POUR LES DÉCHETS URBAINS OU SPÉCIAUX, LES INSTALLATIONS SONT TOUJOURS « MADE IN ITALY »
L’urgence des déchets qui a frappé le Sud de l’Italie en 2008 a dirigé les projecteurs sur un secteur industriel du « Made in Italy », celui de la fabrication d’installations de traitement des déchets, qui a connu au cours des dernières années l’absence d’une ligne politique uniforme, l’absence de décisions stratégiques, mais aussi des obstacles bureaucratique et administratifs. Mais ce secteur est en mesure de proposer au marché des solutions à l’avant-garde dans les installations et les dispositifs de traitement des déchets solides urbains en décharge avec pour objectif leur incinération, leur recyclage et leur récupération énergétique. En parallèle, l’industrie italienne du secteur propose des installations pour le traitement des déchets spéciaux et dangereux, mais aussi des installations pour les décharges contrôlées et les plateformes multi-usages.
Ce secteur dans son ensemble a enregistré en 2007 des recettes égales à 230 millions d’euros, avec une part d’exportations de 9 % à 20 millions d’euros, comme l’indique le dernier rapport conjoncturel de l’Anima, l’Association de l’Industrie mécanique italienne. Et l’année 2008 devrait s’achever, selon le bureau d’études de l’Anima, avec une reprise décisive de la production (+13 %) et des exportations stables à environ 20 millions d’euros. Par conséquent, ce secteur devrait bénéficier de la volonté politique renouvelée de résoudre de manière radicale et immédiate les problèmes relatifs à l’élimination des déchets solides urbains et individuels par le biais d’un projet stratégique national. C’est pour cette raison que l’on attend en 2008 une croissance non seulement de la production, grâce à une hausse des commandes, mais également du nombre d'employés qui devrait augmenter à des taux supérieurs à 10 %.
Les acteurs du secteur sont généralement de grande taille, mais peu nombreux. L’industrie « made in Italy » comptera certains professionnels de premier plan, comme le groupe Impregilo qui, grâce à sa filiale Fisia Babcock est le leader global en matière de réalisation d’installations de thermovalorisation, avec plus de 500 incinérateurs déjà construits dans le monde entier. La société Fisia Babcock est actuellement engagée dans la conception d’autres structures, toutes situées dans des pays disposant d’une forte sensibilisation environnementale, comme l’Allemagne, la Suède et la Norvège.
Un autre géant de l’industrie italienne, la société Finmeccanica, est concerné par le secteur de la conception des équipements industriels pour le traitement des déchets par sa filiale Ansaldo Energia (qui sera prochainement cotée en Bourse, probablement au premier semestre 2009, lorsque les marchés seront en mesure de réabsorber les problèmes actuels). L’entreprise du groupe Finmeccanica développe actuellement des technologies novatrices dans la gazéification des déchets. « Les installations de gazéification », a récemment expliqué M. Giuseppe Zampini, directeur général d’Ansaldo Energia, « reposent déjà sur une base technologique renforcée, surtout au Japon. Nous étudions avec une grande attention plusieurs améliorations et innovations dans le domaine de la récupération énergétique. »
Et si la société Ansaldo Energia est dans une phase de recherche et développement, sa filiale Ansaldo Nucleare la devance résolument : la société pourrait remporter d’ici à la fin de l’année 2008 un contrat de plus de 140 millions d’euros afin de réaliser en Russie septentrionale deux installations de traitement des déchets nucléaires solides et liquides issus des réacteurs des sous-marins, ainsi qu’une installation de stockage des déchets retraités.
Si la société Ansaldo Nucleare se prépare à vendre à la Russie ses technologies, la société Fincantieri est déjà présente sur le marché local. À la fin juillet 2008, le groupe italien a signé avec Rosatom, l’agence russe de l’énergie atomique, un contrat de 71 millions d’euros pour la construction du premier navire spécial de transport de combustible irradié et de déchets radioactifs issus du démantèlement des sous-marins nucléaires russes. Ce bateau, qui entrera en service au printemps 2011 dans la région nord de la Russie, à proximité des bases militaires de la péninsule de Kola, aura une jauge de 1 700 tonnes et une longueur de 84 mètres. Il sera construit dans les chantiers liguriens de la société Fincantieri et sera équipé, comme l’a souhaité la société, des technologies les plus avancées qui sont aujourd’hui disponibles sur le marché.
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