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LE STYLE ITALIEN SE RECONNAIT AUSSI DANS LES GROUPES ELECTROGENES
La « voie italienne » vers la fabrication de groupes électrogènes passe par la personnalisation. Les fabricants ont développé cette spécialisation au fil des années, en l’exportant dans le monde entier. Mais ce n’est pas tout. « La majeure partie des opérateurs du secteur, » explique Giovanni Maria Maffi, ingénieur et membre du Cogrel, le comité des fabricants italiens de groupes électrogènes formé au sein d'Italmot, union des fabricants de moteurs à combustion interne, « reconnaît aux Italiens une capacité particulière, voire unique, d’établir des relations et des contacts. Les grandes structures mondiales admettent aussi que l’Italie est une articulation importante pour tisser des liens avec les marchés internationaux ». En somme, si l’on souhaite créer des contacts dans le commerce des groupes électrogènes, on ne peut faire abstraction du capital de savoir-faire des entreprises italiennes. Le Made in Italy s’impose enfin par son inimitable particularité : l’attention au style.
« Il peut paraître paradoxal, » admet G.M. Maffi, « de parler de style ou de design pour des groupes électrogènes, pourtant les entreprises italiennes sont les plus compétentes dans l’habillage de ces machines, avec des caissons de finition qui valorisent leur esthétique ». Mais ce n’est pas qu’une question de revêtement. Au niveau des tableaux électroniques de commande, des accessoires, jusqu’à la forme, la couleur et les matériaux de revêtement des groupes électrogènes, la touche italienne est aussi très appréciée. « S’il est vrai, » poursuit G.M. Maffi, « que cette valeur ajoutée peut être superflue pour des applications industrielles, on ne peut en dire autant pour la catégorie des petits groupes électrogènes utilisés notamment dans le nautisme ».
Si la valeur ajoutée du savoir-faire italien ressort dans le design, tel n'est pas le cas au niveau du développement technologique des produits. Les fabricants ne peuvent cependant pas faire grand-chose sur ce plan. « Sur les groupes électrogènes, » explique G.M. Maffi, « il y a peu à découvrir : les caractéristiques des produits dépendent de la capacité des assembleurs et des fabricants à sélectionner les composants. Le moteur est en ce sens le principal composant et en général, mais pas toujours, il est produit par des tiers ». Les fabricants et les assembleurs italiens de groupes électrogènes se divisent en deux catégories : il y a ceux qui proposent des machines standard sur le marché et ceux qui, en revanche, proposent des solutions sur mesure. « En général, » ajoute Giovanni Maria Maffi, qui travaille pour un opérateur moyen du secteur, la Compagnia Tecnica Motori, « de grands groupes comme Iveco, Visa, Genset, Mosa, Mase, Bruno et Ausonia préfèrent la standardisation. Il existe toutefois des entreprises spécialisées dans la personnalisation. Bien entendu, cette deuxième catégorie réalise des volumes de ventes inférieurs et ses dimensions sont donc plus modestes. »
Les grands groupes mentionnés font partie des dix/douze principaux noms du secteur. « Ils sont les seuls capables, » poursuit G.M. Maffi, « de tout réaliser eux-mêmes. La catégorie s’agrandit considérablement si l’on compte les sociétés qui achètent tous les composants et qui se contentent de les assembler, voire celles qui commercialisent des produits de tiers ». Si la douzaine d’entreprises élites réalise un chiffre d’affaires de 400 à 500 millions d’euros, avec les assembleurs et les revendeurs, le courant d’affaires d’un segment qui emploie 2 000 personnes s’élève à 800-1000 millions d’euros. Sur un milliard d’euros de chiffre d’affaires réalisé par le secteur, une grande partie vient de l’étranger : « La part d’exportation des principaux opérateurs dépasse 50 % », indique G.M. Maffi.
Les entreprises italiennes sont implantées dans le monde entier, mais ces dernières années les flux de l’exportation ont changé : « Si l’Europe reste le principal débouché, la Chine, » souligne G.M. Maffi, « est passée du statut d’importateur à celui d’exportateur, concurrencée par les produits occidentaux avec ses fabrications standard, mais de basse qualité ». La Russie et certains pays d’Afrique du Nord comme de l’Afrique du Sud ainsi que certains pays limitrophes de l'Afrique australe représentent d'autres marchés conséquents.
Il est évident que le niveau de complexité d’un marché influence aussi la demande. « Les marchés matures voient s’imposer des produits standardisés, alors que les économies en voie de développement recherchent davantage des groupes électrogènes spéciaux, pour des solutions d’urgence dans le cadre civil, de l’assistance sanitaire et infrastructurelle ». L’Afrique représente en ce sens une opportunité de vendre des solutions très personnalisées pour les fabricants italiens.
L’industrie de l’Oil&Gas, pour laquelle l’Italie peut offrir des solutions ad hoc, mérite un chapitre à part. « Sur les gisements, bien souvent situés en régions non alimentées en électricité, les groupes électrogènes sont indispensables, comme sur les sites d’extraction », observe G.M. Maffi. Il existe cependant de nombreuses utilisations « particulières » des groupes électrogènes : les groupes de continuité italiens sont utilisés pour protéger les centres de données des banques, des compagnies d'assurances et des entreprises de télécommunications ou pour assurer une distribution constante de l'électricité aux hôpitaux et sites de production. « Nous n’avons pas d’application unique de référence : les groupes électrogènes italiens offrent fiabilité et sécurité depuis la conservation d’aliments jusqu’aux moyens de transports inhabituels tels que les remontées mécaniques des stations de ski ».
Pour finir, ils sont aussi utilisés dans toute l’activité de production d'énergie pour l’autoconsommation, l’intégration de l’électricité acheminée par le réseau ou l’alimentation alternative en l’absence de raccordement au réseau, notamment pour les installations de cogénération. « Il n’y a pas de limite de puissance : il existe des groupes allant quelques kilowatts jusqu’à 15-20 mégawatts, pouvant être composés de plusieurs machines. On ne va pas au-delà, » explique G.M. Maffi, « car à partir de certains seuils, il vaut mieux utiliser les turbines pour produire de l’énergie ». Les groupes électrogènes pour la transformation de matières premières végétales, donc renouvelables, en énergie est un autre segment intéressant. « Ces dernières années, » conclut G. M. Maffi, « la fabrication de groupes alimentés par des matières premières d'origine végétale se développe constamment. Il s'agit d'une niche commerciale intéressante et en expansion, grâce aussi aux politiques d'encouragement public dont bénéficient les biocombustibles »
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