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DES BILLARDS AUX CARRELAGES, DES PORTAILS AUX TUILES, L'ARDOISE ITALIENNE SE RÉINVENTE DANS LE SIGNE DE LA TRADITION
Elle a été, pendant des siècles, le matériel d'élection pour la réalisation de couvertures (tuiles) des maisons liguriennes. Ensuite, depuis presque un siècle désormais, son application privilégiée concerne la réalisation de planches pour les tables de billards. L'ardoise ligurienne (www.portale-ardesia.com/ENG/index.html) demeure pourtant une matière première de valeur dans la réalisation de carrelages (même en combinaison avec d'autres matériaux, tels que le marbre, la terre cuite ou le bois) ou d'éléments architecturaux tels que des portails, des escaliers, mais aussi des étagères, des cheminés, des plinthes, des étagères pour tables, des bancs. Récemment, les producteurs sont en train d'orienter leur intérêt même vers le secteur des accessoires pour la maison et de la décoration d'intérieurs, dans le signe de l'innovation du produit. Cela confirme que la technologie réussit à réinventer jusqu'à un produit à l'apparence invariable comme la pierre, en imaginant de nouvelles possibilités d'emploi et en ajournant, même d'un point de vue commercial, le potentiel de ces matériaux.
"Notre tradition dans le travail de la pierre - nous explique Mme Franca Garbarino, Présidente du district de l'ardoise - nous a permis de développer des technologies capables d'assurer une précision et une finition excellentes grâce à des machineries presque entièrement produites en Italie " Pourtant, il y a quelques années encor, même l'emploi de machineries innovatrices ne permettait pas d'exploiter convenablement l'ardoise dans toute son épaisseur, ce qui pénalisait inévitablement les capacités d'exploitation des matériaux. " "Dans le passé - précise Mme Garbarino - nos artisans locaux pouvaient travailler l'ardoise en obtenant même des épaisseurs remarquables - qui atteignaient parfois le mètre - et qu'il est par exemple possible d'admirer à l'intérieur de la basilique de San Salvatore des Fieschi, en Ligurie. Ce savoir a été perdu au fil des siècles et, jusqu'à il y quelques années, l'épaisseur maximale qu'ils réussissaient à atteindre était d'environ 5-6 centimètres". Plus précisément, on allait d'1 centimètre d'épaisseur pour les plaques d'ardoise utilisées pour les tuiles jusqu'aux 5 centimètres des planches pour le billard, en passant par les 3-5 centimètres des pierres employées dans la réalisation des carrelages. "Mais jadis - comme le souligne Mme Garbarino - dans les maisons disséminées sur notre territoire, il n'était pas insolite de trouver des lavabos en ardoise ; ce qui confirme qu'il était tout à fait possible de travailler la pierre même avec des épaisseurs". Grâce à un projet qui a vu le partenariat des entreprises et de la région ligure, l'on a enfin récupéré un savoir artisanal tombé dans l'oubli. Les fonds ainsi rassemblés (environ 10 millions) ont permis la mise au point d'une nouvelle machinerie en même de dupliquer des œuvres autrefois réalisées de manière artisanale, en atteignant, par ailleurs, un niveau de finition satisfaisant. "Nous avons développé - explique Mme Garbarino - de nouveaux produits pour l'ameublement du bain et de la cuisine. "
Et si la concurrence des marchés ayant recours à une main-d'œuvre à des prix concurrentiels et les coûts d'extraction de plus en plus élevés rendent la compétition toujours plus difficile pour le secteur dont il est question, les entreprises italiennes de l'ardoise s'apprêtent néanmoins à affronter de nouveaux défis. "Notre objectif - explique Mme Garbarino - consiste à essayer de récupérer les déchets, afin de créer des composés et des agglomérés qui puissent rivaliser avec d'autres matériaux de haute gamme, tel que le granit. Un investissement de 15 millions suffirait pour recycler les débris du travail". Il s'agit de chiffres absolument remarquables pour un secteur tout à fait de niche et qui est constitué seulement par les Pmi (70% d'industries d'extraction, 30% consacrées exclusivement au travail du matériel): il y a environ 40 entreprises avec moins de 300 préposés au total et un volume d'affaire global de 60 millions. " Nous souhaitons des mesures qui détaxent les investissements destinés à la recherche " conclut la Présidente du district.
Pourtant l'innovation des produits se révèle-t-elle insuffisante en défaut d'une adéquate promotion de la marque. Encore une fois, les institutions ont agi en partenariat avec le district de l'ardoise. La réalisation de la marque d'origine et de qualité "Ardesia Liguria" date de 2006, dans le cadre de la convention entre l'ICE et l'organisme régional. Récemment, une société consortiale pour la sauvegarde de la marque a été constituée. Celle-ci suivra la démarche de l'enregistrement dans tous les Pays de l'Union européenne et de l'Amérique du Nord. Cette société concédera l'utilisation de cette marque à tous les producteurs qui s'engageront à garantir la provenance ligure du matériel, ainsi que des standards qualitatifs suffisamment élevés. Sur la base de cette marque, ont été créées même une ligne graphique complète et une série de gadgets promotionnels, déjà utilisées lors de l'édition 2006 Stonexpo (Las Vegas) et qui seront à nouveau proposées dans l'édition 2007. L'objectif est de mettre en valeur les aspects typiques de la production ligure et d'offrir même au consommateur final un attrait visuel. La marque d'origine et de qualité devrait en même temps encourager les producteurs à diversifier leur production et à atteindre un standard plus élevé dans le domaine de l'innovation.
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