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Paolo Boffi : "dans les cuisines, nous sommes les representants de l'italian style"
Rome (Ign) - " Plus qu'une industrie, mon activité est une haute production d'artisanat". Voici comment Paolo Boffi, président de la Boffi spa (www.boffi.com), définit son entreprise, née en 1934 en tant que laboratoire artisanal et aujourd'hui leader dans le domaine de l'aménagement intérieur.
Votre famille travaille dans ce secteur depuis maintenant 70 ans. Quelles sont les plus grandes innovations que vous avez apportées dans ce domaine?
Depuis les années 60, nous misons tout sur l'innovation, afin de nous distinguer face à une concurrence très rude : nous avons été les premiers à introduire, dans des lieux incompatibles avec la couleur selon la mentalité culturelle de l'époque, les façades en bois stratifié, les dalles et les revêtements en polyester coloré. Nous avons entamé de très intéressantes collaborations, comme celle avec le chef Gualtiero Marchesi. Nous avons importé en Italie le réfrigérateur coloré, qui est devenu plus tard très à la mode. Après un long chemin dans le secteur cuisine, nous avons décidé, dans les années 80, d'investir le secteur salle de bain. Aujourd'hui, notre entreprise facture environ 50 millions d'euros chaque année, dont 60% à l'étranger. Nos meilleurs clients se trouvent aux Etats-Unis, en France, en U.E. et en Asie du sud-est.
Selon vous, quel est le secteur commercial le plus prometteur?
En ce qui concerne l'avenir, nous misons sur l'excellence et le haut de gamme. En ce moment, nous essayons d'explorer et d'investir les niches de marchés qui nous semblent le plus à notre portée, notamment grâce à une stratégie communicative axée sur l'ouverture de showrooms dans les principales villes d'Europe et du monde entier (par exemple Boulevard St Germain à Paris, Soho à New York, via Solferino à Milan et Piazza Barberini à Rome). Notre objectif : nous différencier au sein d'un secteur extrêmement compétitif, afin de satisfaire aux goûts et à la demande des nouveaux segments de marché qui sont en train de se développer en Europe de l'est et en Asie. Et pour y arriver, nous devons nous concentrer sur le design.
En ce qui concerne l'ameublement et l'aménagement italiens, vous avez souvent mentionné le besoin de souder les filières de production et de distribution. Pourquoi?
Parce que je suis convaincu de la nécessité d'une filière unique : tout revendeur doit devenir monomarque, entre autres pour des raisons de catalogue. L'exclusivisme ne présente pas seulement toute une série d'avantages compétitifs, il peut surtout aider l'entrepreneur à affronter sereinement les défis lancés par le marché et par une concurrence toujours plus endurcie et agressive. Le fait d'en être arrivé à la définition d'un contrat-type pose finalement les bases d'un nouveau rapport entre production et distribution.
En tant qu'entrepreneur, quelle direction doit prendre, selon vous, le secteur de l'aménagement italien afin de conserver sa place de leader sur le marché international haut de gamme?
Il doit faire ce que l'on continue à répéter depuis des années. Le meuble étant un produit à faible contenu technologique, il est très facile de le copier. C'est pourquoi la seule possibilité de vaincre la concurrence est d'être constamment novateur, aussi bien au niveau des matériaux que de la fonctionnalité. Pour ce faire, nous devons concentrer toute notre attention sur le design et délocaliser, dans la limite du raisonnable bien sûr, les productions de moindre implication au niveau qualité et technologie. C'est pour cela que notre mot d'ordre n'est plus Made in Italy, mais bien Italian Style. Enfin, notre entreprise doit se débarrasser de sa vocation au nanisme : les filières, les fusions et les holdings peuvent tout à fait déboucher sur des synergies et des économies fort intéressantes, qui nous permettraient d'investir plus largement dans des secteurs stratégiques.
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