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MAGALDI POWER « collecte les cendres » dans les centrales au charbon du monde entier
Dernière née du groupe Magaldi, la société Magaldi Power a été créée en 2002 et est spécialisée dans les systèmes de transport à sec des cendres des fonds de chaudière des centrales thermoélectriques. Cependant, l’histoire du groupe Magaldi remonte au début du vingtième siècle. Nous demandons au président Mario Magaldi comment il a été possible de passer d’une spécialisation industrielle dans la fabrication de systèmes de transmission à l’élimination des déchets issus de la combustion du charbon.
De quelle façon a débuté l’aventure entrepreneuriale de la famille Magaldi, désormais devenue une dynastie d’entrepreneurs sur trois générations ?
Tout a commencé avec un brevet déposé en 1901 par Biagio Magaldi, qui était le frère de mon père et qui mit au point une courroie de transmission réalisée en peau de bufflonne. À la différence des courroies qui étaient alors généralement utilisées pour les moteurs ou les couples moteurs, fabriqués en plastique et en un seul morceau, la « super-courroie » était formée de plusieurs bandes de cuir assemblées à l’aide de clous. Ainsi, si une seule bande se cassait, le fonctionnement n’était pas compromis. Depuis ses débuts donc, la société Magaldi s’est affirmée comme une entreprise misant sur la fiabilité tout en assurant la continuité du processus de production.
Quand le « déclic » technologique qui vous a permis d’entrer dans la niche d’entreprises où vous êtes les leaders mondiaux s’est-il produit ?
Ce processus s’est caractérisé par différentes étapes successives. La société a d’abord perçu la nécessité de trouver une technologie permettant d’assurer le transport des matières chaudes. Les expériences ont duré des dizaines d’années jusqu’au moment où, au début des années 1960, mon père, Paolo Magaldi, a conçu la « super-courroie », une bande à réseau métallique qui s’inspirait du concept de la super-courroie et était constituée de plaques partiellement superposées qui servaient de porteuse. La nouvelle bande permettait de résoudre les points faibles des bandes traditionnelles. Ce fut alors mon tour, une fois mon père disparu, de trouver des utilisations pour ce nouveau produit : au début, nous pensions l’utiliser pour transporter les matériaux dans les cimenteries et pour toute autre application industrielle où le transport de matières chaudes, lourdes et abrasives était exigé, comme les fusions dans les fonderies. À la fin des années 1980, une centrale thermoélectrique italienne nous demanda d’installer la super-courroie sous sa chaudière afin de recueillir les cendres lourdes du charbon. Ce fut la première application dans l’absolu de notre bande sous une chaudière à combustible fossile d’une centrale thermique au charbon.
C’est alors qu’a débuté une nouvelle ère entrepreneuriale, n’est-ce pas ?
Sans aucun doute. Dans les années qui ont suivi, surtout à partir de 1990, la société Magaldi a commencé à développer la solution MAC (Magaldi Ash Cooler) en collaboration avec l’Enel, Ansaldo et d’autres grandes entreprises italiennes. La solution MAC est notre produit-phare, une bande permettant de transporter des matières dont la température peut atteindre 1 000 degrés. Parmi ses avantages, citons un pourcentage minime de scories non brûlées et l’absence d’utilisation d’eau pour éliminer les scories, ce qui présente des avantages en termes de productivité des installations, mais aussi d’impact sur l’environnement.
Grâce à la solution MAC, la société Magaldi a créé une demande qui était jusqu’alors inexistante. En effet, avant la solution MAC, les technologies d’extraction des cendres des fonds de chaudière utilisaient de l’eau avec des systèmes mouillés. Comment êtes-vous parvenus à conquérir une clientèle qui était traditionnellement habituée à faire appel à d’autres systèmes ?
Au cours des premières années, nous avons dû affronter la résistance au changement des sociétés qui étaient habituées à utiliser depuis des dizaines d’années d’autres systèmes d’extraction. Aujourd’hui pourtant, nous sommes plus que crédibles et tous les grands acteurs du secteur savent qui est la société Magaldi Power. Nous ne rencontrons plus aucune forme de scepticisme. Au contraire, on nous demande souvent des licences. Notre philosophie consiste à travailler, en octroyant des commissions, avec des sièges délocalisés et des agents de support par le biais de licenciés auxquels nous demandons d’effectuer des activités de promotion et de vente de nos installations.
Mais la méthode des licences n’est pas votre seule approche des marchés, n’est-ce pas ?
Notre stratégie est triple : nous recherchons un agent/représentant qui est coordonné depuis l’Italie par un responsable régional, ou nous nous en remettons à un licencié qui doit réaliser toutes les activités de marketing et de vente. La troisième option consiste à créer directement une filiale étrangère, comme nous l’avons déjà fait en Australie, en Allemagne, en Chine et comme nous le ferons prochainement en Inde. L’entreprise locale se charge de fournir toute une série de services nécessaires à l’exécution de la prestation, comme la gestion de projet, l’achat de parts de prestations non stratégiques, le marketing et les services après-vente. En fait, la filiale étrangère partage le risque avec nous. Au fond, si nous voulons assurer notre croissance à l’échelle mondiale, nous devons créer des antennes et nous doter de la structure adéquate.
Le fait de trop se projeter en dehors des frontières nationales ne risque-t-il pas de voiler les origines italiennes de la société Magaldi Power ?
En aucun cas ! Le cœur de la société Magaldi Power reste et restera en Italie, mais l’entreprise est littéralement contrainte d’attaquer les marchés internationaux : dans le cadre national, nous avons saturé le marché depuis cinq ans. Toutefois, notre propension à l’internationalisation n’est pas une activité récente : depuis sa création, la société a commencé à se projeter hors des frontières italiennes. Nous sommes désormais présents dans le monde entier.
Quels sont les pays dans lesquels vous êtes principalement implantés ?
Sans aucun doute l’Australie, où nous avons déjà vendu huit systèmes, dont quatre d’entre eux sont en phase de mise en œuvre. Le portefeuille des commandes australiennes pour les trois prochaines années s’élève à 20 millions. L’Allemagne est un deuxième marché stratégique, avec 18 millions de commandes déjà passées pour l’année 2008. Les autres marchés intéressants sont l’Espagne, le Portugal, l’Inde, la Grèce, la Turquie, l’Europe de l'Est et l’Amérique latine. En Asie, le marché principal est la Chine, où nous disposons de 15 usines. Suivent, par ordre d’importance, la Corée du Sud, le Japon et les Philippes. La logique de fond est unique : nous acceptons toutes les commandes qui nous parviennent, en cherchant à gérer une croissance exponentielle de nos recettes. Au cours des dernières années, nous sommes passés d’un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros en 2005 à 34 millions d’euros en 2007. Et le boom aura lieu au cours des prochaines années : pour fin 2008, nous tablons sur une hausse des recettes comprise entre 50 à 55 millions d’euros.
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