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ABE ELETTRONICA ENTRE DANS LA REVOLUTION NUMERIQUE DE LA DIFFUSION
L’essor du groupe italien Abe Elettronica, spécialisé dans la fabrication d’appareils pour les télécommunications, a toujours été prioritairement suivi par la Recherche et le Développement. La société opère depuis 1979 et a installé en 30 ans plus de 12 000 émetteurs de télévision, 2 000 codeurs Mpeg et 6 000 faisceaux hertziens. « L’élément déclencheur, » rappelle le président et fondateur Roberto Valentin, « s’est présenté en 2000, lorsque nous avons commencé à insister sur la recherche en technologies d'émission numérique. Depuis lors, le montant total de nos investissements s’élève à pas moins de 10 millions d’euros ». Il s’agit d’une somme considérable pour un groupe qui réalisait un chiffre d’affaires de 3 millions en 2002 et de presque 7 millions en fin d’année 2008, dont 6 réalisés par Abe et près de 1 million par sa filiale Af Meccanica, qui propose des solutions de précision pour les télécommunications. En 2002, leur chiffre d’affaires atteignait respectivement 4 millions et 700 000 euros.
Monsieur le président, a-t-il été difficile de vous développer, même en 2008, année « difficile » pour l’économie mondiale ? Les nouvelles commandes provenaient-elles davantage du marché italien ou du marché international ?
L’Italie est un marché mature bien qu’en évolution, alors que le reste du monde aura des besoins croissants en technologies au service de l’émission numérique. Notre part d’exportation est donc très importante : nous avons, en 2008, réalisé 89 % du chiffre d’affaires à l’étranger. Ces derniers temps, nous travaillons très bien en Afrique, mais les principaux marchés restent l’Europe, certains pays asiatiques où notre implantation est plus ancienne et la région des pays de la CEI (Russie, Ukraine et autres anciennes républiques de l’URSS). Le facteur chance nous a en revanche desservis sur tout le continent américain en faveur des concurrents des États-Unis.
Quelles sont les stratégies commerciales qui se sont affinées au fil des ans pour être présents sur les principaux débouchés ?
Une dizaine d’agents, répartis dans le monde, donnent le change au siège italien, dont le service commercial n'est formé que de trois personnes. Ces agents sont basés sur nos marchés stratégiques (France, Royaume-Uni et Russie en Europe, Nigéria et Afrique du Sud en Afrique, Australie, Usa-Miami, Costa-Rica et Argentine), d'où ils suivent aussi, naturellement, les pays voisins. Ils sont de véritables partenaires commerciaux et une relation, renforcée au fil des ans, s’est instaurée avec eux. Les agents s’occupent des ventes et de l’assistance technique, grâce à une équipe de techniciens dédiés qu’ils gèrent directement, proposant des services d'installation, d'assistance après-vente et d'entretien courant.
Qui garantit la juste formation de ce personnel spécialisé ?
Toute intervention sur un appareil Abe doit être effectuée par un opérateur ayant une longue expérience, de six à douze mois, de travail au siège de Caravaggio (Bergame). Voilà le parcours qu’ont suivi les techniciens russes, indonésiens et brésiliens, pour évoquer trois marchés importants.
Un petit groupe tel que Abe Elettronica, qui réalise moins de 10 millions de chiffre d’affaires, est-il capable de faire face à une demande globale en perpétuelle augmentation ?
Certainement. Nous faisons preuve, parmi nos points forts, d'une flexibilité de production exceptionnelle : la fabrication de matériel est en grande partie réalisée à l'étranger, confiée à des sous-traitants qualifiés, majoritairement italiens. Le contrôle et les tests finaux sur les appareils sont, bien sûr, réalisés au sein de notre entreprise. Notre système de qualité est éprouvé : nous sommes certifiés ISO 9011 depuis plus de dix ans. Parallèlement, Abe Elettronica réalise en interne toutes les activités de recherche et développement, auxquelles nous réservons de 15 à 20 % de notre chiffre d’affaires annuel.
Quels marchés offrent les plus fortes perspectives de croissance dans un contexte mondial orienté, à des cadences différentes, sur la totale conversion en émissions numériques ?
Bien que dans certains pays africains, les émetteurs analogiques soient toujours vendus, le numérique représente sans aucun doute l’avenir. Les parts de marché de l’analogique sont résiduelles : en Europe, cette technique a pratiquement disparu et ne subsiste que dans les appareils « dual cast », qui diffusent le signal selon les deux technologies.
En Europe, il y a donc peu de place dans les technologies au service du numérique ?
Non. L’Italie est une exception en ce sens car elle compte un nombre très élevé de décodeurs. Dans le reste du continent, il existe cependant encore d’énormes zones de croissance. La multitude de pays européens qui achètent nos solutions en est la preuve. Je peux dire que les perspectives d’avenir sont très positives dans le monde entier. Le numérique terrestre est une technologie qui offre trop d’avantages.
Quelles solutions proposez-vous au service du nouveau standard ?
Nous proposons des émetteurs, des faisceaux hertziens, des codeurs Mpeg, des liaisons montantes satellitaires pour l’émission de la Terre vers le satellite. Nous avons dernièrement développé, grâce à un accord d'alliance de marques avec Alcatel, une série d’émetteurs pour la télévision en mobilité sur le téléphone portable (technologie Dvb-H). Nous sommes notamment devenus fournisseurs pour la ligne Dth 9600 d’Alcatel.
Votre offre est standardisée ou vous produisez aussi des produits personnalisés ?
Nous ne proposons pas de solutions très personnalisées. Le marché nous attribue d’autres points forts tels que la capacité d’offrir de la technologie à des prix compétitifs par rapport à nos concurrents. Notre grande expérience, qui nous permet de développer les produits à l’avance par rapport à l’affirmation de la demande est un autre aspect qualifiant. Voici un exemple qui prouve notre capacité à anticiper le marché : aux alentours de l'année 2000, nous avons lancé la fabrication de codeurs Mpeg. Aujourd’hui, moins de dix ans plus tard, tous les codeurs pour l’émission numérique de télévision sont des Mpeg.
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