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L’ÉCONOMIE VERTE SELON SERGIO LUPI
Une volonté de vendre et une idée folle en apparence devenue une activité lucrative. Sergio Lupi, un entrepreneur de 45 ans originaire d’Ancône, va a contre-courant d’une vie : en 2006, lorsqu’on ne parlait pas encore de « l’économie verte » en Italie, il a décidé de s’engager dans une bataille personnelle contre le lobby du pétrole en transformant son groupe Sistemi 2000, qui produisait auparavant des meubles en plastique destinés aux supermarchés, en une entreprise spécialisée dans le recyclage. Et ce n’est pas tout… Sergio Lupi ne subit pas la crise économique, mais il s’y attaque : il a multiplié par deux ses investissements alors que ces derniers temps personne n’osait le faire et il a même recruté de nouveaux collaborateurs.
M. Lupi, votre société était une société comme beaucoup d’autres. Pourquoi un tel changement ?
À la fin de l’année 2006, une intuition s’est imposée à moi : si les cours du pétrole augmentent, augmentant de ce fait les prix du plastique, pour quelle raison ne diminuent-ils pas lorsque les cours du brut baissent ? Je me suis creusé la tête et finalement, j’ai trouvé la solution. Laquelle ? Tous les produits fabriqués par ma société depuis lors étaient le fruit du recyclage de bouteilles et de bouchons en plastique : casiers, chariots et étagères qui envahissent les supermarchés Sma-Auchan, Coop, Conad, Gs, Crai et Unes sont en plastique écologique.
Avez-vous déjà eu peur de ne pas réussir à relever le défi de l’économie verte ?
Je dois admettre que non car au cours des dernières années, le chiffres d’affaire de la société a enregistré une croissance régulière. Voilà deux ans, il s’élevait à 7,2 millions d’euros. En 2008, il a atteint 13,2 millions d’euros, mais le plus beau, c’est qu’au cours du premier trimestre 2009, il a connu une hausse de 67 % et en ce moment, alors que nous sommes au cœur de la crise, nous nous sommes stabilisés à 30 %. Finalement, ma révolution s’est montrée rentable.
Quels sont les marchés étrangers ciblés par votre entreprise ?
Sans aucun doute la Suède et, en Europe, la France, l’Espagne, la Grande-Bretagne et l’Allemagne. L'occasion que nous attendons est celle de l’Expo 2015 de Milan. Nous pourrons y présenter notre projet de supermarché entièrement à kilomètre zéro, mais pour l'Ecomondo de Rimini du mois d’octobre, nous sommes déjà en train de préparer une structure en carton ignifugé recyclé.
Comment envisagez-vous votre évolution sur le marché de la grande distribution italienne ?
Nous avons des supermarchés qui sont désormais des réalités dans des villes comme Rome, Milan, Ancône et Catane, mais nous souhaitons nous orienter vers le Sud de l’Italie. Les jeunes du Sud doivent relever des défis, mais leur volonté de travailler est forte et nous pensons que cela ne doit pas être gaspillé.
En vous entendant parler de perspectives professionnelles pour les jeunes, vous redonnez confiance...
C’est ainsi que cela se passe dans ma société. Nous sommes environ 600 personnes (1 000 personnes au total avec les activités connexes), pour un âge moyen qui avoisine les 30 ans. En règle générale, nous avons tendance à engager des jeunes. J’estime qu’il est plus important de leur donner une chance à eux, sous réserve qu’ils proviennent du monde de la grande distribution et qu’ils en maîtrisent les mécanismes de base. D’autre part, l’étude de mon parcours professionnel peut aider à comprendre pourquoi je vois les choses de cette façon : avant de devenir entrepreneur, je travaillais comme employé à l’étal de la charcuterie d’un supermarché.
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