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L’ART DE TRAVAILLER LE TISSU SELON GIOVANNI BONOTTO
Lorsque vous achetez un vêtement, ne regardez pas qui l’a créé, mais comment il a été créé. C’est un conseil de Giovanni Bonotto, qui a une grande expérience du travail des tissus comme peu d’autres personnes en Italie. L’entreprise Bonotto Spa basée à Molvena -Vénétie, dont il est le directeur artistique, est composée de 200 artisans d’art (gare à qui les appelle ouvriers) qui fabriquent au quotidien un véritable petit « miracle », constitué de travaux délicats et complexes au métier à tisser, et de bordures de qualité. Les seules opérations pour lesquelles il n’est pas possible de remplacer la main de l’homme par la machine.
Ainsi est né le concept d’une « fabrication lente sous le label Km zéro », où l'entreprise est le territoire, le temps un nouveau luxe, et nous redécouvrons la qualité au travers du travail des tissus (surtout pour la laine, mais pas uniquement) vendus à la clientèle la plus exigeante, qui ne se satisfait pas des produits industriels. Résultat : des clients de très haut niveau tels que, Armani, Chanel, Versace, Saint-Laurent et un chiffre d’affaires d’environ 30 millions d’euros à l'année.
Giovanni Bonotto, le défi relevé par votre famille a des origines assez lointaines …
En effet, la création de notre entreprise s’effectue dans les années 1960, lorsque mon arrière grand-père commence à travailler des chapeaux de paille. Après, il s’est tourné vers le tannage en fournissant, entre autres, la célèbre Bottega Veneta.
Par contre, lorsque mon père lui succède, le travail de la laine commence, ce qui a permis à notre entreprise d’acquérir sa réputation.
Aujourd’hui, vous et vos frères essayez de nouveaux tissus et de nouvelles techniques de travail… comment tout cela peut-il s’accorder avec la redécouverte de « l’ancien » auquel vous ne voulez pas renoncer ?
L'entreprise Bonotto cherche depuis toujours à synthétiser passé et modernité, pour les tissus et leur travail. Dernièrement, nous avons redécouvert un tissu laissé de côté depuis longtemps, la ramie, mais bien qu’auparavant notre activité se concentrait à 100 % sur la laine, aujourd’hui nous travaillons le coton, la viscose et plus de 15/20 fibres et polyesters.
Dans notre façon de travailler nous associons d’anciennes techniques, comme celle du métier à tisser avec navette, à de véritables expériences, comme celle du traitement du coton préparé sur un équipement généralement utilisé pour la laine. Nous récupérons les « vieilles machines » mises au rebut par les anciennes entreprises textiles, tout en apportant quelques innovations sur nos produits destinés en règle générale au monde féminin de la haute-couture, en leur donnant un style plus sport et en les adaptant à la mode jeune.
Quels sont les pays vers lesquels votre entreprise exporte le plus ?
La moitié de notre chiffre d’affaires est réalisé en Europe, dans les pays où globalement toutes les entreprises italiennes exportent (par exemple, la Hollande et l’Allemagne) et les pays de l’Est, de la Slovénie à la Pologne, de la Turquie à la Russie. Nous sommes présents en Chine, au Japon, aux USA et également en Amérique du Sud.
Dans un futur proche, y-a-t-il un marché qui vous intéresserait plus particulièrement ?
L’Inde est certainement un pays que nous connaissons peu. Nous le connaissons en tant que fournisseur, mais non en tant que marché potentiel de vente pour notre produit.
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