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LA LINGERIE ITALIENNE DE QUALITÉ NAÎT DANS LE DISTRICT DE LAVELLO

Son point de force? Antonio De Fata, président du district de la corsetterie de Lavello en Basilicate (www.distrettocorsetteria.it), n'a aucun doute: "Nous demeurons l'un des rarissimes pôles de ce secteur qui sont encore en vie". Au cours des années passées, les producteurs italiens de lingerie et de corsetterie avaient localisé leur activité même dans d'autres sites productifs : dans les alentours de Ferrare, en Emilie-Romagne, dans les environs de Brindisi, en Pouille. "Nous sommes - continue De Fata - les uniques à avoir survécu à la crise récente, qui a sollicité d'autres réalités productives à la reconversion ou encore à se positionner différemment sur le marché". La spécialisation extrême s'est donc transformée en une sorte de " parachute " pour le district de Lavello, qui tire son nom de la commune de la Lucanie et où se trouve la plus grande majorité des entreprises associées. A l'heure actuelle, on y compte à peu près 35 entreprises - précisément des Pmi - qui emploient environ 300 préposés.
Face à de tels chiffres de niche, c'est grâce à un professionnalisme sans égaux et affermi par plus de vingt ans d'activité que le district lucain a pu rester sur le marché. "Au point de vue des compétences - précise De Fata - nous estimons n'être deuxièmes qu'à peu d'autres. Le véritable problème consiste pourtant à être compétitif sur le marché global, face à des concurrents qui supportent de coûts inférieurs, qu'il n'est parfois même pas possible de confronter aux nôtres.". Un coût du travail plus bas ne s'accompagne d'ailleurs toujours pas à des niveaux qualitatifs élevés. "Et en effet, - comme le souligne le président du pôle - seule notre valeur adjointe en termes de qualité nous consent de défendre nos niveaux productifs, dans une conjoncture favorable au secteur du textile-habillement.".
Dans cette direction, les actuelles stratégies de relance, planifiées par les responsables du district, misent indistinctement sur la formation des préposés. Cette formule a été déjà adoptée par d'autres rayons du textile-habillement made in Italy : prendre le chemin de la qualité, en orientant la production vers le haut de gamme, avec, en plus, la valeur adjointe de la flexibilité ; cette dernière étant assurée, dans le district de Lavello, autant par des firmes capables de compléter la phase de production, que par des opérateurs pour le compte de tiers. "Le multinationales du secteur ont l'exigence de délocaliser une partie de leur production en Italie : nous sommes prêts à accueillir de telles initiatives industrielles", conclut De Fata. Le district garde en même temps la capacité de se projeter en dehors des frontières nationales. La quote-part de l'export actuel varie entre 10 et 15% de la production, destinée, en très large partie, à l'Europe. Les principaux marchés constituant un débouché sont représentés par la France, le Royaume Uni, la Norvège et le Danemark.
En ce qui concerne l'export, il est pourtant nécessaire de repositionner les entreprises sur le marché. On entrevoit, dans ce sens, d'intéressantes perspectives en Turquie. D'après une étude récente, visant à évaluer les conditions de factualité du projet pilote "Export mode en Turquie" - concernant l'internationalisation des Pmi de l'Italie du sud - il y aurait, dans le pays méditerranéen, à peu près huit millions de clients potentiels pour les articles de mode moyen et haut de gamme. Le district italien de la corsetterie est prêt à cueillir le défi.
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