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LES DÉMONTE-PNEUS PARLENT ITALIEN : 2 SUR 3 DANS LE MONDE PROVIENNENT DU DISTRICT DE CORREGGIO

Il est né en Italie en 1962. Il s’appelait alors « Artiglio » et c’était le premier « démonte-pneus » au monde, inventé par les frères Corghi, fondateurs de la société émilienne du même nom, qui a donné naissance à un mini-district concentré autour de la région de Correggio, dans la province de Reggio Emilia. Pendant les années du boom de l’automobile, en Italie et dans le reste du monde, les frères Corghi ont su mettre à profit leur « sagesse » mécanique approfondie (qui, a engendré, toujours dans le monde de l’automobile, un géant comme la Ferrari en Émilie) afin de satisfaire une demande en croissance constante. Avant 1962, personne n’avait encore pensé à de tels équipements : pour démonter les pneus, un système compliqué de leviers était utilisé.
Plus des deux tiers des équipements permettant de démonter les pneus dans le monde sont, 45 ans après l’intuition des frères Corghi, fabriqués à Correggio : les dernières estimations disponibles indiquent une dizaine de sociétés actives, constituant un mini-district qui permet de produire chaque année environ 70 000 pièces, pour un chiffre d’affaires total proche de 300 millions d’euros. La tendance aux exportations est très forte, avec plus de 70 % des recettes en moyenne, et elles sont réalisées hors des frontières italiennes. L’internationalisation est dans l'ADN même des entreprises de ce segment extrêmement spécialisé, depuis l’acteur principal : Corghi . Même si cette société est le leader sur le marché d’origine, elle ne réalise en Italie qu’un cinquième de son chiffre d’affaires annuel, soit environ 100 millions d’euros en 2006.
Pourtant, jusqu’à la fin des années 1960, les exportations de l’entreprise étaient destinées à trois marchés seulement : la Suisse, l’Espagne et le Danemark. Depuis, l’entreprise a connu une expansion constante sur les marchés internationaux : actuellement, les produits Corghi sont vendus dans plus de 120 pays dans le monde entier, et la part des exportations est égale à 80 % de son chiffre d’affaires. Ses défis futurs, en termes de débouchés, sont la Chine et la Russie. Ce n’est pas par hasard si l’une des trois filiales directes de l’entreprise italienne (les deux autres se trouvant en Allemagne et en Amérique du Nord) se situe à Shanghai, en Chine pour témoigner de la volonté de relever le défi chinois et des autres marchés émergents du Sud-est asiatique.
Toutefois, Correggio abrite d’autres champions du « Made in Italy », même si la société Corghi (qui emploie 500 personnes dans trois usines différentes) reste le leader incontesté du marché des équipements au service de la « sous-roue », homologuée dans le monde entier avec une gamme complète de produits destinés à la roue des plus grands groupes automobiles (groupes Fiat, Daimler, Opel/GM, Ford, Peugeot, Citroën, Renault, Toyota et VW). Avec sa ligne « Ferrari Workshop Equipment », l’entreprise est également le seul fournisseur d'équipements des ateliers Ferrari, y compris de l’écurie de Formule 1, pour le programme de production dans son ensemble.
Les démonte-pneus de la société Giuliano sont également reconnus dans le monde entier pour leur robustesse, leur fiabilité et leur durée de vie. Et une garantie supplémentaire : ce sont des produits 100 % « made in Italy ». « Nous pouvons affirmer », déclare l’entreprise, « que tous les composants, s’ils ne sont pas produits au sein de la société Giuliano, sont achetés auprès de ses fournisseurs italiens ». Le chiffre d’affaires de l’entreprise s’est élevé à 22 millions d’euros en 2006, et à une part des exportations avoisinant 70 %. Elle emploie un peu moins de 100 personnes. « Le département R&D », continue l’entreprise, « est celui qui a enregistré ces dernières années l’augmentation la plus importante en termes d'investissements et d'emplois : aujourd’hui, il emploie une quinzaine d’experts techniques et d’ingénieurs électroniques, informatiques et mécaniques ». Ces forces, unies à une expérience d’une trentaine d’années, ont permis à la société Giuliano d’introduire sur le marché des solutions à l’avant-garde et complètement novatrices, en attirant de plus en plus l’intérêt des fabricants de pneus. « C’est sans aucun doute ce facteur » conclue l’entreprise, « qui permet de distinguer nos produits de ceux provenant de Chine, qui sont des copies parfois fidèles aux originaux, mais réalisées sans le savoir-faire soutenant les choix techniques et permettant l’évolution d’un produit efficace et fiable au fil du temps ».
Sur le filon de l’innovation, la société Butler , un autre acteur de pointe du district de Correggio, s’est imposée depuis ses débuts. Née voilà 20 ans, la société Butler s’est lancée sur le marché grâce à sa première machine (« Airdraulic »), en se positionnant sur un nouveau créneau pour le secteur. De nombreuses nouveautés caractérisent ce démonte-pneus, du moteur alimenté à air, choisi par les clients rencontrant des problèmes de sécurité liés aux gaz inflammables ou liquides à terre, à l’ergonomie pour l’opérateur. « Un autre point fort », explique l'entreprise italienne, « ce sont les outils en matière plastique permettant de travailler au contact de la jante et de gérer avec un maximum de facilité les combinaisons roue-pneu les plus complexes ». Les machines permettant de démonter les pneus de la société Butler ont toujours permis de travailler sur des pneus particuliers, montés sur des véhicules aux performances supérieures. La société Butler possède, entre autres, le brevet du générateur d’azote directement installé sur le démonte-pneus.
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