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LES PÂTES ITALIENNES À LA CONQUÊTE DE L’ÉTRANGER : MI-2008, LES EXPORTATIONS SONT EN HAUSSE DE 48 %

Tout comme la pizza, les pâtes sont synonyme du Made in Italy dans l’alimentaire. Mais les pâtes ne sont pas seulement l’un des aliments les plus versatiles que la culture alimentaire italienne a offert à la gastronomie mondiale. C’est également un secteur économique qui contribue de façon significative aux échanges commerciaux de l’Italie. En 2007, l’Italie a exporté 1,7 millions de tonnes de pâtes, soit une valeur estimée à 1,4 milliards d'euros. Les exportations italiennes de pâtes sont en hausse constante depuis des années et l’Union européenne en est le principal destinataire. En 2007, le premier marché était l’Allemagne avec une part de 20,41 %. À la deuxième place, on trouve la France (13,74 %), suivie du Royaume Uni (12,63 %), des États-Unis (9,47 % et du Japon (4,25 %). Ces cinq pays absorbent à eux seuls 60,51 % des exportations de pâtes italiennes.
Le secteur a terminé l’année 2007, particulièrement difficile, avec une tenue remarquable des volumes produits, estimés à environ 3,2 millions de tonnes par l’association sectorielle Unipi (l’union italienne des producteurs de pâtes, www.unipi-pasta.it). L'excellente performance enregistrée sur les marchés étrangers qui absorbent désormais 53 % de la production nationale a eu une incidence positive. L'année 2008 a été, dans la mesure du possible, encore plus difficile pour l’industrie italienne des pâtes : la conjoncture économique défavorable qui a également fait baisser la consommation de produits alimentaires, mais aussi la flambée du cours du blé ont contribué à réduire les marges des entreprises.
Malgré cela, comme l’indiquait Coldiretti mi-octobre, les exportations de pâtes sèches et fraîches ont augmenté de 48 % au cours des six premiers mois de 2008, avec des pointes à 50 % dans l’Union européenne, dépassant la barre du milliard d’euros en valeur. Selon les chiffres de Coldiretti, les pâtes italiennes semblent contredire la tendance selon laquelle la crise économique est généralisée. Même sur les marchés asiatiques, la valeur des exportations a été multipliée par deux. La tendance qui s’était dessinée en 2007 s’est donc confirmée au cours du premier semestre 2008 : les nouveaux marchés asiatiques enregistrent les taux de croissance les plus significatifs. La performance de l'Inde est notamment remarquable avec 37,50 % en quantité et 57,35 % en valeur.
L’industrie italienne des pâtes compte quelques dizaines de professionnels, essentiellement des PMI : à côté des géants tels que Barilla, De Cecco, Di Vella et Agnesi (Colussi), le marché s’articule autour de nombreuses PME qui distribuent des marques de grande tradition : Amato, Cocco, Delverde, Garofalo, La Molisana, Rummo, Valdigrano. L’un des districts les plus importants est celui de Casoli Fara San Martino (Chieti) dans les Abruzzes. Il s’organise autour de quatre producteurs historiques de pâtes dont dépendent 70 entreprises qui interviennent dans l’ensemble de la filière de production allant des services au conditionnement. Ce pôle de production emploie environ 950 personnes et ses exportations ont enregistré une hausse de 12,9 % en 2007.
Le leader du district des Abruzzes est Fratelli De Cecco. Ce centre d’agrégation est devenu au fil des ans un véritable district de production. L’année dernière, la société a enregistré 278,6 millions d’euros de bénéfices (dont 33,5% provenaient des exportations à destination de 87 pays différents). Le C.A a augmenté de 12,7 % par rapport aux 247,1 millions de 2006. Le deuxième acteur du pôle abruzzais est le producteur de pâtes Delverde dont le C.A représente un dixième de celui de De Cecco (30 millions d’euros), mais qui a enregistré une hausse en pourcentage bien plus importante (+25 % annuels). Le producteur de pâtes alimentaires Cavalier Giuseppe Cocco a des dimensions encore plus modestes et son C.A représente environ 1,6 % du total du district. Mais la clé du succès du producteur de pâtes Cocco est sa spécialisation dans les produits d’excellence afin de répondre aux exigences d’une clientèle haut de gamme. Enfin, une réalité de niche locale mérite d’être citée : le producteur de pâtes Bioalimenta qui a fait le choix de se spécialiser sur un marché très particulier, celui des pâtes sans gluten.
La nouveauté des dernières semaines pour l’entreprise leader du district des Abruzzes est son introduction en Bourse. La décision de De Cecco a été au centre des débats pendant des mois, mais courant octobre 2008, l'assemblée des actionnaires a approuvé le projet devant conduire à l'entrée de l'entreprise italienne dans le monde boursier. L’opération devrait se conclure avant fin 2009. Mais la société a fait savoir que les conditions actuelles des marchés pourraient également pousser Fratelli De Cecco à revoir son calendrier pour éviter d’entrer en Bourse dans une phase particulièrement pénalisante sur les marchés.
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