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L’ASPHALTE ITALIEN, UNE TECHNOLOGIE ALLIANT LA TRADITION ET L’INNOVATION

Dans la production d’asphalte, les entreprises italiennes jouent un rôle de premier plan grâce à un savoir-faire qui leur permet d'être à l'avant-garde en termes d'innovation et de technologie. Il faut remonter à l’époque romaine pour évoquer l’habileté légendaire des anciens Romains dans la construction des routes. Mais cette « empreinte » a perduré et s’est transmise au fil des siècles. Et, presque 1 500 ans après la chute de l’Empire romain, les Italiens ont inventé les autoroutes, c’est-à -dire les routes réservées aux automobiles. « L’axe Milan-Lacs, considéré comme la première autoroute au monde », rappelle Stefano Ravaioli, directeur de Siteb ( l’association de catégorie du secteur des producteurs du conglomérat bitumineux), « a été conçu et achevé en 1924 en deux ans à peine par l’ingénieur italien Piero Puricelli. Par la suite, à l’époque de la reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, nous sommes revenus à l’avant-garde de la réalisation des routes dont nous sommes restés les leaders incontestés au moins jusqu'aux années 1980. »
Dès lors, de nouveaux concurrents ont commencé à ébranler le leadership italien, mais dans les années 1990, les Italiens ont diversifié leur offre avec de nouvelles solutions. « C’est alors », continue Ravaioli, « que sont apparus les bitumes modifiés et les asphaltes drainant, amalgamés avec des polymères qui confèrent au mélange des propriétés élastiques extraordinaires que ne possède pas l’asphalte traditionnel. » Tout gravite autour du bitume, en fait, qui est le matériau le plus important dans la réalisation des routes car il détermine les prestations du revêtement routier en termes de sécurité et d’efficacité, mais aussi de respect de l'environnement.
L’asphalte drainant est un conglomérat bitumineux où des vides favorisant l’écoulement de l’eau sont présents. Le problème est de réaliser le mélange sans que la pression continue exercée par le poids des véhicules automobiles n’écrase l’asphalte et ne comble ces vides. « Dans les années 1985-1987, lorsque les Italiens ont redécouvert et réinventé l’asphalte drainant, développé à l’origine en Grande-Bretagne, le mélange a été enrichi de polymères élastiques capables d’un lien puissant avec les particules inertes et capables de conserver les espaces vides entre les pierres. Aujourd’hui, l’Italie fait partie des principaux producteurs d’asphalte drainant, avec 80 millions de mètres carrés appliqués sur des milliers de kilomètres de routes. « Parmi les autres qualités de l’asphalte drainant », continue le directeur de Siteb, « il faut évoquer sa capacité d’absorption du bruit : la présence des vides réduit en fait les émissions sonores élevées et l'asphalte est moins bruyant au passage des véhicules. »
Mais l’asphalte drainant pose un problème : en cas de neige, les espaces vides diminuent la température du revêtement routier qui, par conséquent, gèle plus tôt qu’un revêtement traditionnel. Les gestionnaires de la route doivent faire très attention aux conditions météorologiques et chercher à prévenir, grâce à des traitements superficiels de « salage », la formation de glace. « Dans ce cas aussi », souligne Ravaioli, « les entreprises ont mis au point une contre-mesure en ajoutant des cristaux de sel au mélange du conglomérat bitumineux. Le point de congélation passe ainsi à -15°C et la solution adoptée est absolument efficace. Souvent enneigée, l’autoroute du Brenner qui traverse les Alpes et qui supporte des températures hivernales extrêmement rigoureuses est la meilleure preuve des qualités de l’asphalte drainant : elle est entièrement revêtue d’asphalte drainant antigel. »
« Avec 4 000 entreprises environ, l’industrie italienne de l’asphalte emploie actuellement plus de 500 000 personnes et génère un chiffre d'affaires de presque 3 800 millions d'euros. En 2008, la production d’asphalte devrait atteindre 32 à 33 millions de tonnes. L’Italie exporte 30 % du bitume produit dans ses raffineries vers l’Europe de l’Est et l’Afrique du nord. Les marchés les plus réceptifs aux exportations de technologies italiennes dans ce secteur sont certains pays d’Europe de l’Est, notamment la Pologne et la Roumanie où », souligne Ravaioli, « le réseau routier est très mauvais. » D’une façon générale, l’industrie italienne du secteur exporte des polymères, des installations pour la modification du bitume, mais aussi des machines pour la production et la pose de l'asphalte.
La prochaine étape à franchir consiste à dominer les technologies intermédiaires dans la pose de l'asphalte. « Les technologies à froid, même si elles offrent d’excellentes prestations surtout en ce qui concerne la réduction de CO2 et les émissions dans l’atmosphère, sont encore peu utilisées dans notre pays où la culture de l’asphalte à chaud est dominante. Mais l’Italie investit dans les techniques dites tièdes qui permettent de produire de l’asphalte autour de 100 °C par rapport aux 160-170 °C auxquels il est produit habituellement. En intervenant sur les installations auxquelles on ne fait pas subir de modifications radicales et sur les mélanges de matériaux, on arrive à réduire la facture énergétique de 30 à 40 % », conclut le directeur général du Siteb.
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