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GROS MOTEURS NAUTIQUES, UNE TRADITION TOUT À FAIT ITALIENNE

Les "géants", parmi les entreprises italiennes qui fabriquent des moteurs à combustion interne, destinés au secteur du transport, de l'industrie, secteur agricole, de la construction, de la production d'énergie et des applications marines, ne sont pas si nombreux. Il existe peu de grandes entreprises et un grand nombre de PMI. Mais l'offre est très vaste, étant donné qu'aujourd'hui les fabricants peuvent proposer des moteurs de 3 à plus de 22 mille kw. "Le secteur - précise Gelsomino Sirabella, président de l'association de Italmot - est peuplé de petites et de moyennes entreprises, à l'exception de Wartsila, acteur unique, réalisant des moteurs d'une certaine taille". Elles sont immédiatement suivies par certains protagonistes de tailles moyennes comme Iveco-Aifo, ayant rejoint aujourd'hui une société du Groupe Fiat regroupant toutes les activités gravitant autour des moteurs à propulsion, telles Isotta Fraschini et Lombardini. "Certaines parmi elles" - précise M. Sirabella - fabriquent également des moteurs pour systèmes d'autotraction, mais pour des utilisations destinées aux applications sur engins agricoles".
Certains fabricants peuvent également - grâce à leurs produits "marinisés" - motoriser des bateaux de plaisance, ou des embarcations spécifiques telles que celles mises à la disposition de la Brigade financière, des Gardes côtes ou d'autres forces de l'ordre. Les protagonistes les plus importants opèrent en particulier sur les marchés des grandes constructions navales (on peut monter jusqu'à six gros moteurs sur les bateaux de croisière.) et des sites de production d'énergie. Ce dernier est un type de fourniture, qui s'accorde bien avec les caractéristiques de l'offre italienne, reconnue pour être l'une des principales industries mondiales, pour les classes de puissances plus élevées. "S'il est vrai que de nombreux fabricants - poursuit M. Sirabella - couvrent la gamme des moteurs entre 0,5 kv à 1 mw, pour les classes de puissance plus élevées, les italiens se placent parmi les premiers pour les produits destinés aux applications marines. Dans ce cas, il s'agit de moteurs 4 temps qui exigent une technologie sophistiquée. Et, s'il est exact que dans ce domaine, on subit une pression continuelle de la part des fabricants non européens pour le transfert des connaissances, le savoir-faire reste encore sous le contrôle européen". Les applications sont très nombreuses : bateaux de croisière, ferry, installations au large des côtes pour divers types d'extraction, petits bateaux marchands, navires militaires, navires spéciaux (brise-glaces, remorqueurs, bateaux utilisés pour les recherches océanographiques).
Fin 2008, le pré-bilan du chiffre d'affaires du secteur oscillait autour de plus de 1 300 millions d'euros, avec une part pour l'export estimée à 50%. Les italiens vendent au monde entier, du continent américain à l'Extrême-Orient, en passant par l'Europe (spécialement le Nord), et en partie jusqu'en Inde, au Moyen-Orient et en Afrique. La marque "Made in Italy" s'est conquis, au cours des décennies, une réputation solide dans le secteur, du fait que l'industrie italienne des moteurs à combustion interne, puise son origine dans les débuts de l'histoire du développement de la motorisation mondiale. En effet, fondamentalement, les entreprises italiennes ont joué un rôle dans l'évolution du produit, qui a permis d'apporter une contribution efficace à leur amélioration, souvent déterminante pour l'évolution de la production au plan mondial, et pour le développement de l'offre de solutions "spéciales". Nous pourrions citer, par exemple, quelques sites de production d'énergie destinés aux centrales "écologiques" qui brûlent des huiles combustibles d'origine végétale. De plus, dans le secteur nautique, les moteurs italiens sont considérés comme un must et sont souvent choisis par les plus grands armateurs italiens et internationaux.
En effet, ce secteur s'occupe de tout ce qui concerne le système à propulsion. "Les entreprises italiennes savent fabriquer des moteurs énormes, longs jusqu'à 15 mètres et hauts jusqu'à 8-10 mètres", précise M. Sirabella. Par exemple, dans ses établissements de Trieste, Wartsila Italie fabrique des moteurs de 1/2 à 22 mw de puissance, dont les principales applications sont dédiées aux secteurs maritime et industriel. Le cas de Wartsila Italie montre comment, même en présence d'une acquisition étrangère, le savoir-faire Made in Italy ne se perd pas. La société actuelle, qui est dirigée par le groupe finlandais Wartsila, a été fondée dans les années soixante et soixante-dix par effet d'une fusion entre les plus grandes entreprises italiennes fabriquant, à cette époque, des moteurs diesel. "Nous parlons - précise M. Sirabella - de marques telles que Fiat, Ansaldo, et des Cantieri Riuniti dell'Adriatico (union des chantiers de l'Adriatique). La société fondée à Trieste en 1972, fut rebaptisée, "Grandi Motori Tireste". Au début, elle fabriquait de gros moteurs diesel de marque Fiat. Successivement, elle devint une Division du Groupe Fincantieri, qui, en 2007, céda son activité de fabrication de moteurs à Wartsila. "Mais encore aujourd'hui, les connaissances acquises au cours des décennies dans le domaine de la conception de moteurs par la société "Grandi Motori Trieste" sont demeurées italiennes et il perdure une étroite collaboration entre les bureaux techniques italiens et finlandais, souligne M. Sirabella, qui rajoute : "Dans notre société, la direction est italienne, ainsi que le personnel".
Ce savoir-faire particulier auquel se réfère M. Sirabella est le fruit de l'expérience acquise au cours de décennies d'activités durant lesquelles ont été développés, en Italie, des moteurs alimentés par divers types de combustibles, dans le but d'augmenter la puissance, de réduire la consommation et de mettre au point des solutions toujours plus propres. Mais, selon la tradition, on reconnaît à l'Italie d'autres compétences : l'excellence en matière de fournitures militaires. "Durant une longue période - poursuit M. Sirabella - Trieste fut un centre d'activité d'excellence de la marine militaire : italienne et étrangère. Les moteurs "Made in Trieste" ont été montés sur des navires de la marine italienne, vénézuélienne, anglaise et australienne, pour ne citer que quelques exemples".
Il n'existe pas de circonscription qui regroupe les fabricants de moteurs à combustion interne. L'ex-Iveco et le Groupe Fiat possèdent des établissements dans diverses parties de l'Italie, telles la société Isotta Fraschini dans les Pouilles, Lombardini et VM (www.vmmotori.it) en Emilie-Romagne, et d'autres sociétés de petite taille dans la région de Rome. Et puis, de petits et de très petits fabricants et distributeurs sont éparpillés dans tout le reste de l'Italie, pouvant améliorer les produits standards grâce aux groupes électrogènes d'urgence.
Concernant les circuits de distribution, les grandes entreprises se servent de leur propre réseau, constitué de bureaux de vente basés en Italie et sur les principaux marchés mondiaux. Les petites et moyennes entreprises s'adressent plutôt aux distributeurs, fournisseurs et/ou agents. Les foires-expositions dans ce secteur sont importantes, mais regroupent des intérêts divers : les petits fabricants recherchent plus particulièrement les évènements nationaux parce que leur marché d'origine est le marché domestique. Contrairement aux grands groupes qui s'efforcent de ne pas manquer les grandes foires internationales, tout particulièrement celles dédiées aux secteurs maritimes et aux technologies au service de l'énergie.
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