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FLEURS ET PLANTES ITALIENNES, UN SUCCES QUI MELANGE TYPIQUE ET INNOVATION

Un chiffre d’affaire avoisinant les trois milliards d’euros, dont un cinquième est destiné à l’exportation. Environ vingt mille sociétés de production, avec plus de cent-dix mille employés rien que dans le secteur primaire, sans parler de l’induit. Ces chiffres sont ceux de l’industrie italienne des fleurs et plantes, un secteur qui fait du typique l’un de ses atouts majeurs. « Des Alpes à la Sicile - explique Lino Bloise, président de l’Association Nationale Plantes et Fleurs d’Italie – les territoires proposent sur le marché différents types de fleurs coupées et de plantes d’extérieur et d’intérieur ». Quelques exemples : la région du Lac Majeur (Lombardie-Piémont) offre principalement des acidiphiles, considérées comme les plus belles d’Europe, tandis que la région de Sanremo est la patrie de la fleur coupée, « avec des productions ayant toutes le même niveau d’excellence », souligne Bloise.
Ce secteur est caractérisé principalement par des petites et moyennes entreprises, ce qui est parfois un avantage. « La propriété familiale – explique Bloise – permet aux entreprises, et en particulier celles qui produisent des fleurs coupées, d’être flexibles et de s’adapter à l’évolution des consommations. Sanremo, par exemple, a su se renouveler en passant de l’œillet à la production de roses ou de feuillage ornemental, lorsque la demande en Å“illets s’est mise à chuter ». De la même manière, les producteurs de Campanie ont parfaitement su évoluer, à tel point qu’ils se distinguent aujourd’hui dans l’exportation d’aralias aspidistras ».
Le fait que les PMI soient majoritaires a également un impact sur les stratégies commerciales du secteur. En général, les pépinières établissent un contact direct avec les marchés d’Europe du nord grâce à des médiateurs professionnels. Mais les sociétés plus importantes peuvent faire appel à des structures internes pour la commercialisation. Les entreprises de taille plus réduite, qui sont les plus nombreuses, bénéficient de structures privées ou coopératives qui gèrent la commercialisation et la distribution vers les marchés. « Ces structures - explique Bloise – représentent un maillon important de la filière, car elles font le lien entre les zones de production et le grossiste ». Certains grands producteurs, notamment dans le domaine de la pépinière, ont même été jusqu’à mettre sur pied un réseau de distribution national et international, qui s’occupe de commercialiser directement les produits dans le monde entier.
Plus particulièrement, les plantes méditerranéennes sont exportées dans le bassin méditerranéen, mais également en Europe centrale. La fleur coupée, quant à elle, part plutôt vers l’Europe du nord, l’Europe de l’est et les Etats-Unis. Quant à l’Allemagne, elle est le plus grand marché de fleurs coupées et de plantes aromatiques. « Le consommateur allemand - explique Bloise – est prêt à payer pour la qualité ». Renoncules, genêts, camélias, palmiers, agrumes, plantes aromatiques et marguerites en pot : voilà les produits phares de l’exportation italienne, « vendus même par le biais des structures commerciales hollandaises », explique Bloise.
« Les hollandais – poursuit Bloise – sont en mesure de garantir des volumes importants, mais leurs produits sont « standardisés ». La fleur hollandaise est mondialisée, c’est la même pour tout le monde. Les producteurs italiens, eux, proposent sur le marché les spécificités de leur pays : des renoncules aux anémones, des soucis aux marguerites. Les plus belles renoncules du monde poussent à Sanremo ». Et la qualité paie, au sens littéral du terme. Les variétés les plus prisées de renoncules italiennes sont vendues jusqu’à plus d’un euro pièce. « Par contre - souligne Bloise – une rose cultivée au Kenya coûte à peine plus de dix centimes au consommateur ».
Ces dernières années, l’un des éléments clé de l’offre italienne a été l’innovation de produit et de procédé, alliée à l’aspect typique et à une plus grande prise en compte de la nature saisonnière des différentes productions. « Au niveau des coquelicots et des renoncules - souligne Bloise – nous avons obtenu des succès notoires. Les dix dernières années ont connu une forte innovation des variétés. En ce qui concerne la participation aux processus de production, les entreprises italiennes ont entrepris de perfectionner les technologies, en vue d’une amélioration de la qualité. Un grand travail a été fait notamment sur la renoncule : les italiens ont réussi à la cloner, obtenant ainsi une qualité supérieure au reste du monde. « Le prix - précise Bloise – est bien entendu monté en flèche : +400 % depuis 2002-2003 ». Le projet est né de la collaboration entre une entreprise d’hybridation et un institut public de recherche ayant mis au point une technique de clonage permettant de préserver certaines caractéristiques de la fleur. C’est également ce qui s’est passé dans d’autres domaines avec les plantes d’extérieur et d’intérieur.
Comme nous l’avons dit, l’offre italienne se distingue par sa capacité à valoriser les fleurs selon le type ou la nature saisonnière. Et les consommateurs répondent présent. « Les acheteurs d’Europe centrale et de Scandinavie - explique Bloise – préfèrent le produit italien grâce à une culture répandue de la fleur qui leur permet de bien en apprécier les spécificités ». En Europe du nord par exemple, Allemagne comprise, les consommateurs apprécient beaucoup les plantes aromatiques provenant du détroit d’Albenga en Ligurie. Toujours dans les détroits, notons la région de Mantoue au nord, spécialisée traditionnellement dans la plantation d’arbres. En descendant plus au sud de la presqu’île italienne, on trouve le détroit de Pistoia en Toscane, l’une des zones les plus importantes d’Europe pour la production de plantes d’extérieur. Enfin, encore plus au sud, la Sicile est le territoire des plantes méditerranéennes, souvent destinées à l’exportation.
Dans le domaine des grandes plantes d’extérieur, méditerranéennes ou non, l’Italie offre du typique et de l’innovation. « Au cours de ces dernières années - explique Bloise – les pépinières se sont concentrées sur la culture de plantes adaptées à l’aménagement urbain, pour répondre à la demande du marché : les plantes dites « à croissance rapide ». Ce sont principalement des arbres choisis pour leur haut branchage ou parce qu’ils s’adaptent mieux au paysage urbain, pour faciliter les opérations de taille ou permettre une meilleure circulation des moyens de transport public.
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