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CUSTONACI, PATRIE DU MARBRE « PERLATO » SICILIEN

L’évocation du marbre italien rappelle immédiatement la région des Alpes Apuanes, en Toscane. Il faut pourtant se rendre bien plus au Sud pour trouver le marbre que nombreux considèrent comme l’un des plus prestigieux au monde, pouvant rivaliser avec le fameux « blanc de Carrare ». En Sicile, dans la province de Trapani, on extrait dans la région de Custonaci un marbre depuis toujours utilisé pour les ouvrages de sculpture et de grande architecture. Des périodes entières de l’histoire sont marquées par la présence de ce marbre sicilien dont les variétés se retrouvent dans de grandes Å“uvres d'architecture du passé, comme les églises, dômes et palais.
Des très anciennes carrières du Mont Cocuccio, versant nord du Mont Sparacio proviennent le «Libeccio» - un marbre rare et précieux utilisé pour ennoblir la Basilique Saint-Pierre de Rome et le Palais bourbonien de Caserte - l’«Avorio Venato», ivoire à reflets roses et veiné d’or, le «Botticino», ivoire clair et le « Perlato de Sicile », ivoire clair et maculé de calcite pure. Le « perlato », la seule variété encore extraite aujourd’hui dans le bassin de Custonaci, a eu un succès grandissant ces dix dernières années dans le monde entier pour des applications intérieures et extérieures en conditions climatiques extrêmes, utilisé tant comme matériau de revêtement que de décoration, de l'Arabie au Canada, du Japon à l'Australie. Aux États-Unis, on le retrouve au Kennedy Center de New York.
Les chiffres témoignent de l’affirmation exceptionnelle de cette variété de marbre sicilien sur les marchés internationaux. 350 000 tonnes de matériau prennent chaque année la route du Moyen et de l’Extrême-Orient, des États-Unis, du Canada et de l’Europe. La valeur de l’exportation s’élève à 120 millions d’euros. Le pôle lapidaire de Trapani est par ailleurs très bien positionné dans l’univers du marbre italien : il s’agit du troisième bassin national derrière Massa Carrara et Vérone, couvrant 15 % de la production totale et 85 % de la production sicilienne. 300 entreprises opèrent dans le secteur, réparties entre carrières (120), scieries (80) et ateliers artisanaux (100), avec un effectif de plus de 3500 personnes, au-delà des activités connexes.
Au fil des années, un véritable district industriel s’est donc formé, marqué par une forte concentration de plusieurs activités d’extraction et de traitement d’un matériau de prestige, intégré au système économique sicilien du marbre et des pierres nobles. Ce système se distingue par un tissu de petites et très petites entreprises, étroitement liées non seulement à l'extraction mais aussi à la filière du traitement et de la vente. Il s’agit d’un contexte encore peu internationalisé, qui fait toutefois l'objet de grandes attentions de la part des administrations locales et associations industrielles de la région, engagées dans des initiatives et des programmes d’accompagnement des entreprises dans leur reconnaissance et développement au-delà du cadre local. Les accords commerciaux de 2005-2006 qui ont permis au « Perlato » de Sicile d’accéder au marché espagnol en sont un exemple.
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