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LE LAIT ET LES FROMAGES DÉFIENT LA CRISE EN MISANT SUR LA QUALITÉ

Dans un contexte de crise mondiale où les entreprises agricoles européennes doivent faire face à une augmentation spectaculaire des coûts de production, le secteur des produits laitiers, une filière-clé de l’agroalimentaire italien (avec un chiffre d’affaires de 14,5 milliards d’euros et des exportations égales à 1,4 milliards d’euros), se défend plutôt bien en misant sur la capacité croissante à valoriser la qualité absolue du « Made in Italy ». Cette capacité à valoriser l’excellence italienne provient d’une donnée en particulier : en 2008, pour la première fois, la balance des valeurs relative aux fromages a clôturé en équilibre. Ce sont 413 000 tonnes de produits qui ont été importées contre 237 000 tonnes qui ont été exportées. Cependant, les entrées pour les volumes exportés ont atteint une part de 1,4 milliard d’euros, le même chiffre que pour les importations.
La croissance du chiffre d’affaires et de la valeur des exportations, associés au maintien de la consommation, constituent les preuves de l’anticyclicité du secteur des produits laitiers. Selon une enquête réalisée par la société Astra Ricerche pour le compte d’Assolatte (l’association du secteur, regroupant les entreprises qui représentent 90 % du chiffre d’affaires total), la récession, qui a incité un tiers des Italiens à réduire leur consommation alimentaire, n’a en aucun cas diminué le pourcentage des personnes qui achètent ou consomment des fromages (97 %), du lait (91 %, soit le meilleur résultat des 10 dernières années) et les yaourts (77 %).
« Mais nous n’avons pas échappé à la difficile conjoncture internationale, a tenu à préciser le président d’Assolatte, Giuseppe Ambrosi, à l’occasion du dernier compte-rendu annuel en juin dernier. En 2008, la production a diminué en volume de 1,8 % et, pour la première fois depuis 10 ans, les exportations ont enregistré une baisse en quantité (-5 %), même si la tendance reste positive : en effet, sur la période 1995-2008, les volumes ont plus que doublé. Grâce à l’industrie, le secteur s’est maintenu en finissant par se confirmer comme étant l’un des moteurs les plus puissant du « Made in Italy », avec 2 100 entreprises et un quart de la production italienne de fromages vendus à l’étranger. »
L’année 2009 s’avère être une année particulièrement difficile pour ce secteur, face à une situation qui, au niveau européen, « s’est considérablement détériorée », comme l’a déclaré fin juillet la commissaire européenne à l’Agriculture, la Danoise Mariann Fischer Boel, soulignant que les prix étaient passés de 30-40 centimes au litre à 20-21 centimes ou moins. Et pourtant, en Italie, la période la plus critique semble être derrière nous, avec quelques signes de reprise qui ont été perçus en juin. « Au cours des deux premiers mois de l’année 2009, a expliqué M. Ambrosi, la balance commerciale du secteur fromager italien a réalisé des bénéfices pour la première fois de son histoire, enregistrant un solde positif de 11,791 millions d’euros. Un résultat d’une valeur extraordinaire et un tournant historique pour le secteur des produits laitiers de notre pays, mais aussi une confirmation de la tendance qui dure depuis une vingtaine d’années, à savoir que les fromages italiens sont de plus en plus appréciés et valorisés dans le monde entier. »
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