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INNOVATION ET CRÉATIVITÉ, LA RECETTE ANTI CRISE DE L’OR ITALIEN

Consciente des difficultés liées au contexte international mais confiante en ses propres points forts. Ainsi pourrait-on résumer ce que vit actuellement le secteur de l'orfèvrerie italienne. Il s'agit d’un secteur pour lequel les exportations sont très importantes comme le montrent les chiffres, très éloquents : la part de l’export représente plus de 70 % de l’ensemble de la production.
Quand on traverse des phases complexes, comme c’est le cas maintenant, quand, vu la nature globale de la crise, il devient très ardu de trouver les recettes miracle et les points absolus de références, la différence entre un secteur faible et un secteur fort est, en simplifiant, la suivante : le premier disparaît, le second utilise ses points forts pour rebondir et prendre un nouvel élan dans un contexte modifié, tout en sachant pertinemment que les difficultés ne sont pas toutes passées. « Les points forts du secteur de l’orfèvrerie italienne – explique Stefano de Pascale, directeur de Federorafi (www.federorafi.it), fédération qui regroupe plus de 800 entreprises – sont la facilité d’innovation, aussi bien du produit que du procédé de production et la créativité qui caractérise nos produits.
Dans le secteur de l’orfèvrerie, l’Italie conserve un haut niveau de compétitivité aussi bien dans le circuit de la production artisanale, où sont exaltées les remarquables qualités manuelles de l’école italienne, que dans la composante dite semi artisanale, c’est à dire la production industrielle, en série. L’Italie est en avance « car - souligne Stefano de Pascale – elle possède d’excellentes performances dans la production et dans l’exportation des deux types de produits ». La valeur ajoutée de la production italienne a par ailleurs une prestigieuse composante immatérielle. « Les produits italiens – explique Stefano de Pascale – ont également une dimension culturelle : la tradition est une valeur inhérente à chacun de nos produits qui, par son existence et sa pénétration des marchés internationaux, indique son appartenance à un patrimoine précieux ».
Parmi les points forts de l’orfèvrerie italienne, qui ne comprend pas uniquement les artisans et les industriels de l’or mais qui s’étend à ceux qui travaillent l’argent, les coraux, les camées, les métaux précieux avec ou sans pierres, il y en a un qui est structurel : l’existence de points de production concentrés dans des zones bien délimitées. Les principaux pôles sont Arezzo, Valenza Po et Vicenza, sans oublier les environs de Milan et de Naples, avec la production de coraux concentrée à Torre del Greco,et puis l’argent dans les Marches. Il y a également d’autres zones de référence : à Padoue, à Rome et en Sicile. La force des points de productions se trouve dans leur autosuffisance : au sein de chaque pôle de production il est généralement possible de trouver les fournitures dont les producteurs ont besoin. Ces activités induites « servent l’efficacité », souligne encore Stefano de Pascale.
La capacité à exporter caractérise depuis des années le secteur de l’orfèvrerie, mais elle s’est récemment affinée. « Ceci est dû – suggère encore le directeur de Federorafi – à la naissance d’une série de salons, qui aident les entreprises à aller à l’encontre des marchés mondiaux ». À Vicenza, il y a chaque année trois salons : un en janvier (qui réussit à accueillir plus de 1 500 exposants, « un géant » souligne Stefano de Pascale), un en mai et un en septembre, un salon a lieu à Arezzo, un autre à Valenza Po. À part les pays de l’UE et les Etats-Unis qui sont des destinations traditionnelles et qui absorbent la plus grande partie des exportations, les pays arabes représentent aussi un bon marché pour les bijoux italiens. Les marchés d’Extrême-Orient font partie des perspectives stratégiques futures. Ils sont beaucoup plus difficiles à pénétrer à cause des droits à l’exportation et des contrefaçons, « un problème – souligne Stefano de Pascale – pour le producteur italien qui exporte ».
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