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LORSQUE L'EAU EST MADE IN ITALY

Rome - (Ign) - Certaines de ses marques sont aussi connues dans le monde que les grands noms de la mode, de l'automobile et du vin, un Ă©lĂ©ment Ă ne pas nĂ©gliger dans la notoriĂ©tĂ© du made in Italy. Ce sont les eaux minĂ©rales italiennes aussi cĂ©lĂšbres qu'apprĂ©ciĂ©es sur les tables des restaurants du monde les plus cotĂ©s et dans lesquels peu de marques Ă©trangĂšres rĂ©ussissent Ă dĂ©tourner la prĂ©fĂ©rence de la clientĂšle pour les bouteilles italiennes. Sur le marchĂ© mondial de l'eau minĂ©rale, ce bien de consommation Ă la valeur unitaire assez faible dont les coĂ»ts de transport peuvent ĂȘtre sĂ©rieusement Ă©levĂ©s, l'Italie se classe parmi les premiers exportateurs (www.federalimentare.it), avec un volume de plus d'1 milliard 100 millions de litres en 2004, reprĂ©sentant environ 300 millions d'euros. Une part importante de ce chiffre d'affaires est rĂ©alisĂ© Ă l'Ă©tranger et notamment aux Etats-Unis et en ExtrĂȘme-Orient, oĂč, pourtant, en raison des frais de transport, une bouteille d'eau minĂ©rale italienne peut coĂ»ter bien plus cher que d'autres boissons, y compris alcoolisĂ©es. Un succĂšs qui ne doit toutefois pas susciter un enthousiasme passif. L'Italie dispose en effet d'un vĂ©ritable patrimoine hydrologique souterrain quantitatif et qualitatif. Une grande partie de celui-ci est utilisĂ© pour l'alimentation en eau potable mais les eaux de source de qualitĂ© supĂ©rieure, qui au cours de cycles gĂ©ologiques longs de plusieurs annĂ©es, s'enrichissent de prĂ©cieux minĂ©raux provenant des roches souterraines, fournissent la plupart des eaux minĂ©rales mises en bouteille. On parle ici d'un systĂšme industriel rĂ©glementĂ© qui compte 250 marques contrĂŽlĂ©es par 160 entreprises, fort de plus de 7 mille employĂ©s et d'un chiffre d'affaire de presque 3 milliards d'euros, reprĂ©sentant une production globale de plus de 11 milliards de litres par an, ce qui correspond Ă environ 12 % de la production mondiale d'eau minĂ©rale qui reprĂ©sente environ 90 milliards de litres. Mais l'Italie n'est pas seulement le premier producteur mondial et le premier exportateur d'eau minĂ©rale. C'est Ă©galement le premier consommateur. Si, en Europe, oĂč l'on boit environ la moitiĂ© de l'eau minĂ©rale produite dans le monde, chaque citoyen en consomme en moyenne 85 litres par an, en Italie on bat tous les records avec plus de 170 litres par an et par personne, et mĂȘme presque 200 litres dans les rĂ©gions du Nord du pays. Pourtant, la qualitĂ© de l'eau du robinet italienne est bonne et souvent supĂ©rieure Ă celle que l'on rencontre dans de nombreux autres pays, du fait que les trois quarts des eaux souterraines des rĂ©seaux d'eau potable proviennent de nappes profondes. Les raisons du succĂšs de l'eau minĂ©rale en Italie remontent assez loin dans le temps. C'est dans la Rome antique, lorsque les thermes Ă©taient un lieu commun de rencontre et de dĂ©tente, ouverts Ă toutes les classes sociales, que l'on a mis en avant la qualitĂ© des eaux de certaines sources et que l'on a entrepris de les conserver et de les transporter. Et mĂȘme, au cours des siĂšcles suivants, la pratique du thermalisme s'est perpĂ©tuĂ©e et a banalisĂ© le fait de boire de l'eau Ă laquelle on attribuait des vertus particuliĂšres, confirmĂ©es en grande partie par la science moderne. Aujourd'hui, il n'y a pas une rĂ©gion en Italie qui n'ait pas de station thermale dont le nom ne corresponde pas une marque cĂ©lĂšbre d'eau minĂ©rale, que celle-ci soit mĂ©langĂ©e Ă de l'anydride carbonique, qu'elle soit naturelle ou naturellement pĂ©tillante. Dans les annĂ©es Ă venir, du moins si l'on regarde le nombre croissant de concessions accordĂ©es pour l'extraction d'eau du sous-sol, on peut facilement prĂ©voir que l'eau made in Italy sera toujours plus diffusĂ©e y compris sur les marchĂ©s Ă©trangers les plus importants.
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