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LE COEUR DE LA STATION SPATIALE INTERNATIONALE EST ITALIEN GRÂCE AU MODULE « HARMONY »

La station spatiale internationale parle aussi Italien grâce au nœud 2 « Harmony », créé par la société Thales Alenia Space , une joint-venture entre la société française Thales et la société italienne Finmeccanica. En novembre 2007, la mission spatiale Esperia, visant à l’arrimage du nœud 2 à la station, s’est en effet conclue. Conçu et créé dans les usines turinoises de Thales Alenia Space, Harmony est l’élément indispensable pour augmenter le volume d’air de la station et permettre de connecter les laboratoires scientifiques. La structure de la station spatiale internationale prévoit trois nœuds : le premier a été construit aux États-Unis par la société Boeing, alors que la conception et la réalisation des deux autres, plus évolués et complexes, ont été confiées à l'ESA (Agence spatiale européenne) et commandés à une équipe industrielle sous l’égide de la société Thales Alenia Space.
Les nœuds sont des éléments essentiels de l’architecture de la station spatiale internationale: ils permettent d’interconnecter et de gérer les différents modules pressurisés et servent, grâce à leurs panneaux, de point d’arrimage des navettes spatiales en cas d’urgence. Véritables éléments multifonctionnels, ils permettent le passage des astronautes d’une partie de la station vers une autre, mais également d'adapter l'environnement à la vie et au travail de recherche en microgravité. Les nœuds 2 et 3 permettent en particulier de loger quatre personnes, machines et installations d’épuration de l’eau, mais aussi de gérer l’hygiène personnelle des astronautes, d’éliminer le gaz carbonique et de produire de l’oxygène. Les dimensions des deux modules sont identiques : 4,6 mètres de diamètre, 7 mètres de long et environ 14 tonnes chacun. Le nœud 2 à lui seul permettra d’augmenter l’espace vital des occupants de la station d’environ 500 m3.
« La réalisation du nœud 2 », explique l’ingénieur Walter Cugno de la société Thales Alenia Space, l’un des « pères » du projet, « a imposé de grands défis en termes de conception et de contenu technologique pour la construction de la structure. Ainsi, il n’a pas été chose facile de prévoir la présence de six panneaux d’arrimage, deux sur les côtés et quatre qui s’ouvrent le long de la circonférence ». Le module est en forme de cylindre avec deux cônes tronqués à ses extrémités. Mais la présence de portes dans une partie pressurisée risquait d’affaiblir l’étanchéité de la structure. « Et cela est primordial », poursuit M. Cugno, « si l’on prend en compte la distribution des charges sur une structure en aluminium qui doit « travailler » dans le vide. La réalisation des quatre panneaux latéraux a représenté un défi majeur en termes de conception technologique. »
Un autre défi dans la construction du nœud 2 : la nécessité que la manutention du module en orbite respecte une utilisation efficace de tous les espaces disponibles et favorise en même temps le remplacement ou la réparation rapide et facile des éléments. « La difficulté majeure », explique M. Cugno, « résidait dans le fait qu’il fallait tout conjuguer avec une habitabilité maximale. » On comprend donc facilement pour quelle raison la construction du nœud 2 a donc impliqué des compétences à large spectre : des compétences en ingénierie, en ergonomie, en technologies et en science des matériaux. « Sans oublier », conclut M. Cugno, « les capacités technico-managériales nécessaires à la coordination du pool d'entreprises concernées par le projet, et à la gestion des risques économiques liés. La valeur du nœud 2 s’élève à environ 300 millions d’euros à lui seul ». La société Thales Alenia Space réalise des modules spatiaux pressurisés depuis 30 ans. Sa contribution à la création de la station spatiale internationale est considérable, même par rapport à celle de la société américaine Boeing, le premier contractant industriel du complexe orbital dans son ensemble.
La société Thales Alenia Space fabriquera plus de 50 % du volume pressurisé (c’est-à-dire habitable) total. Leader européen dans les systèmes satellitaires, Thales Alenia Space est également à l’avant-garde dans les infrastructures orbitales. Les principaux secteurs d’application de ses solutions sont les télécommunications, la défense et la sécurité, mais aussi l’observation de la terre par le biais d’outils radar ou optiques. Avec onze usines réparties entre la France, l’Italie, l’Espagne et la Belgique, le groupe emploie 7 200 personnes au total.
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