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ARCHIMEDE SOLAR ENERGY: LA HAUTE TECHNOLOGIE AU SERVICE DE L’ÉNERGIE SOLAIRE

Il existe à Massa Martana, en Ombrie, une quintessence d’innovation et de haute technologie italienne. Cette ville est en effet le siège du groupe Angelantoni Industrie S.p.A., la seule entreprise qui produit des tubes spéciaux pour les installations photovoltaïques de dernière génération, permettant de chauffer un fluide jusqu'à 550 degrés grâce à la chaleur du soleil. Le fleuron du groupe est la filiale Archimede Solar Energy, division d’Angelantoni produisant de l’énergie solaire. Devant son caractère avant-gardiste et l’intérêt qu’elle présente, la multinationale Siemens a acheté 28 % de ses parts.
La clé du succès de l’entreprise de Massa Martana réside dans les tubes récepteurs solaires à sels fondus fabriqués par Archimede Solar Energy, permettant à l’énergie du soleil, acheminée par des miroirs paraboliques, de se transformer en chaleur, puis en électricité. Le système repose sur l’ancien principe des miroirs ardents, théorisé pour la première fois par Archimède, scientifique de Syracuse disparu en 212 avant Jésus-Christ. Cette idée n’est pas nouvelle mais son exécution a cependant nécessité le recours à des techniciens italiens. Elle ouvre aujourd'hui la voie à la production à grande échelle d'énergie solaire de nouvelle génération basée sur le système des miroirs ardents. La première centrale de ce type devrait démarrer au printemps prochain avec l’Enea et l’Enel à Priolo, territoire syracusien où Archimède a présagé le principe scientifique des miroirs ardents. Parallèlement, un petit site sera aussi réalisé en Ombrie.
Le groupe Angelantoni a vu le jour dans les années 30 en tant que producteur de systèmes de réfrigération, tels que les chambres froides. Il s’est ensuite diversifié dans les chambres de simulation de l’environnement pour essais, dans lesquelles sont reproduites des conditions extrêmes comme le brouillard salin, les glaces arctiques, la chaleur saharienne, le vide des espaces sidéraux. Les constructeurs de satellites font aujourd’hui la queue chez Angelantoni (dont la Nasa) pour simuler le comportement des équipements prévus pour aller en orbite. La société ombrienne a aussi développé la technique pour déposer - grâce au vide total - des couches de composés spéciaux sur les surfaces à revêtir. Elle a collaboré avec l’Enea et l’Enel pour éviter toute déperdition de la chaleur du soleil réfléchie et concentrée par des séries de miroirs. Cette performance est due à la surface des tubes noirs dans lesquels circule le fluide à chauffer : l’acier spécial est revêtu d’un voile très fin de matériaux céramiques et de métaux. Grâce à cette technologie, des tours solaires pourront être conçues, constituées de rangées de miroirs concentrant la chaleur du soleil. L’Espagne et les États-Unis comptent déjà plusieurs centrales de ce genre, mais elles ne dépassent pas quelques centaines de degrés, tandis que la technologie italienne permet d'atteindre environ 550 degrés, la température des centrales électriques communes.
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