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ALESSANDRO RIELLO : AERMEC, LA SOCIETE D'UNE UTOPIE

Rome (Ign) - " Voyez-vous, vous allez me prendre pour un utopiste, mais je crois que le Nord-Est et toute l'Italie ont les potentialitĂ©s pour battre n'importe quel type de concurrence, mĂȘme dĂ©loyale. Mais pour ce faire, nous devons investir dans notre envie de rester des entreprises italiennes ". Ainsi, Alessandro Riello, vice-prĂ©sident et administrateur dĂ©lĂ©guĂ© d'Aermec, rĂ©pond Ă ceux qui lui demandent ce que doit faire le systĂšme italien pour rĂ©pondre aux dĂ©fis de la globalisation. Aermec, depuis plus de quarante ans conceptualise et produit des machines pour la climatisation de l'environnement. Avec un catalogue qui va des petits climatiseurs aux grandes machines d'usine, elle est aujourd'hui la premiĂšre marque italienne du secteur.
Votre histoire est celle d'une entreprise italienne qui rivalise avec de grandes multinationales dans un secteur Ă haute concurrence. Quel est votre secret ?
Aermec est une marque historique : nous avons l'honneur d'avoir été les premiers en Europe à produire des appareils pour la climatisation, avec la marque Riello Condizionatori. Mais nous avons aussi été capables d'innover dans un secteur qui a rapidement changé : nous sommes passés des petits appareils monoblocs aux projets d'installations industrielles évolués. Aujourd'hui, Aermec produit des appareils pour toute la gamme de marché, de la petite à la moyenne jusqu'à la grande puissance (c'est-à -dire 2000 KW), et également des technologies en exclusivité comme nos ventilo-convecteurs. Aujourd'hui, nous facturons 150 millions d'euros, nous avons 560 employés et nous exportons 35% de la production. Et en avril nous commencerons au Bolshoi ! Nous avons obtenu l'offre pour refournir le théùtre de Moscou en installations de climatisation : un résultat de grand prestige.
On parle souvent de la gestion familiale des entreprises et de nombreux analystes du systÚme industriel italien affirment que c'est ce qui freine réellement la croissance dimensionnelle des entreprises. Pour vous c'est plutÎt une histoire de succÚs. Pourquoi ?
Parce que mon pĂšre Giordano, le fondateur, a Ă©tĂ© trĂšs clairvoyant. Il a compris que Raffaella tout comme moi voudrions suivre son chemin. Et il nous a donnĂ© Ă tous les deux la possibilitĂ© de commencer une activitĂ© indĂ©pendante, Ă moi avec la Rpm - qui produit des moteurs Ă©lectriques - et Ă ma sĆur avec les centrales pour le traitement de l'air. Ainsi, nous avons eu la possibilitĂ© de nous habituer Ă prendre les dĂ©cisions " Ă petite Ă©chelle " avant de passer Ă une plus grande rĂ©alitĂ©. Aujourd'hui, tout est plus facile justement grĂące Ă l'Ă©cole que nous avons eue avant.
On soutient que notre appareil productif doit aller dans la direction des productions à grande valeur ajoutée, tout en abandonnant les " branches mortes " et les lignes de productions désuÚtes. Quelle est votre opinion ?
C'est un sujet complexe, il est difficile de donner des formules qui fonctionnent pour tous les secteurs. Je pense qu'il faut partir d'un discours d'identité du point de vue industriel. A la Riello, nous avons choisi de combattre en investissant dans la recherche, l'innovation et l'automatisation : c'est seulement comme cela que nous pourrons satisfaire des exigences de niveau supérieur. Les entrepreneurs italiens ne doivent pas oublier d'avoir des racines bien définies : et si nous renonçons au secteur manufacturier en nous jetant sur les services, comme nous sommes souvent sollicités à le faire, nous progresserons lentement. Notre pays a besoin d'industrie, il en a vraiment besoin !
Votre famille - avec les Benetton et les Del Vecchio - est considérée parmi les institutions du Nord-Est, comme une zone de " capitalisme moléculaire " florissante mais qui a vécu une période de ternissement. Que devez-vous faire pour redevenir un modÚle pour le Pays ?
Personnellement, j'ai toujours été en désaccord avec ceux qui parlent d'un modÚle de développement du Nord-Est, pour la simple raison que cela ne marche pas comme ça. Notre systÚme n'est pas totalement fonctionnel et reproductible : les vénitiens ont eu l'avantage inégalable d'avoir une population laborieuse et sans une industrialisation " ancienne " comme le Nord-Ouest, qui a toujours eu la chance de naßtre sur l'induit de grandes entreprises comme Fiat. Nous en revanche, nous avons dû nous organiser à 360 degrés, en exploitant nos potentialités : et nous avons été forts. Ces potentialités, nous les avons encore et nous devons simplement continuer à compter dessus. Nous avons déjà gagné une fois, pourquoi ne devrions-nous par réussir une autre fois ?
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