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PETER THUN : "MON ENTREPRISE, MA PASSION"

Rome (Ign) - L'histoire de Thun, entreprise italienne produisant des articles-cadeaux en cĂ©ramique, des services de table en porcelaine et des poĂȘles en maĂŻolique, a commencĂ© il y a 50 ans de cela, grĂące Ă l'idĂ©e du Conte Otmar Thun et de sa femme, lorsqu'ils amĂ©nagĂšrent dans la cave de leur chĂąteau de rĂ©sidence, Ă Klebenstein (Bolzano), un laboratoire pour pratiquer leur grande passion. Le tournant est pris en 1965, lorsque l'afflux considĂ©rable des demandes les oblige Ă dĂ©mĂ©nager pour agrandir l'usine. Les rĂ©ussites n'ont alors cessĂ© de se succĂ©der pour la Thun (www.thun.it), qui devient une garantie d'excellence en Italie et en Europe. Parlons de cette petite fable entrepreneuriale avec Peter Thun, aujourd'hui l'administrateur unique de l'entreprise.
Vous avez Ă©tĂ© dĂ©signĂ© comme le premier entrepreneur de l'annĂ©e dans la section communication pour le projet multisensoriel Thuniversum : quel rĂŽle revĂȘt la publicitĂ© pour la sociĂ©tĂ© Thun ?
C'est une question Ă un million de dollars. La communication est l'un des points forts de notre stratĂ©gie marketing. Nous dĂ©pensons environ 10 millions d'euros par an dans un circuit international, dont 70 % pour une mercatique personnalisĂ©e. Nous pensons en effet que c'est le meilleur moyen de faire connaĂźtre un produit comme le nĂŽtre et d'entrer en contact direct avec le consommateur. C'est d'ailleurs la mĂȘme stratĂ©gie que nous utilisons avec le Thun Club, dont le nombre d'inscriptions augmente chaque annĂ©e de 40 %. Le Thuniversum (www.thuniversum.it) n'est pas seulement une exposition de nos produits, c'est un lieu oĂč le visiteur peut se dĂ©tendre dans un environnement fait d'images allant des Dolomites aux cieux oĂč volent les anges. Cet espace comporte un laboratoire en direct, le Live Production, on peut y admirer une dĂ©coratrice au travail, un magasin oĂč acquĂ©rir un souvenir original tel que l'Ange de Bolzano, un panopticon de 18 mĂštres de diamĂštre duquel admirer les plus belles montagnes du monde d'une perspective panoramique Ă couper le souffle. Nous voulons que le consommateur soit accueilli par le filtre de notre terre, avant de connaĂźtre notre produit.
Dans quelle mesure le slogan des contes Thun " Dans un pays entre le Nord et le Sud, Ă la rencontre de deux cultures " est-il encore valable aujourd'hui ?
Il l'est plus que jamais. Le concept s'étend désormais au carrefour entre les différentes cultures, plus seulement à deux d'entre elles. Le slogan est né en 1950, le contraste entre le Nord et le Sud était alors significatif, tout comme le syncrétisme entre les cultures allemande et latine. Aujourd'hui, la Thun peut se définir comme un pont entre le vieux continent et l'Asie : nous produisons dans sept pays et nous devons réunir les expériences de l'Europe occidentale et orientale mais aussi de l'Asie. Ce mélange est notre formule gagnante, tout comme la passion qui nous pousse à faire avancer notre entreprise.
D'une petite entreprise familiale, votre entreprise est devenue en peu de temps une rĂ©alitĂ© imposante. Aujourd'hui, avez-vous le sentiment d'ĂȘtre un artisan ou un industriel ?
Lorsque j'entre dans ma chaĂźne de production, j'ai plus l'impression d'ĂȘtre un artisan. Notre parc machine se rĂ©duit Ă un mĂ©langeur et un four. Tout le reste est encore fait Ă la main. De plus, 50 % de notre chiffre d'affaire provient de produits " nouveaux " ou " uniques " : dans une situation de ce genre, l'automatisation serait inutile et contre-productive. Il est Ă©galement clair que la structure managĂ©riale de l'entreprise doit ĂȘtre Ă la hauteur, en effet, aujourd'hui la Thun compte 3350 employĂ©s et facture 150 millions d'euros, dont 20 % Ă l'Ă©tranger (Allemagne, Autriche et Suisse) ; nous avons depuis peu ouvert le troisiĂšme magasin monomarque Ă Vienne, aprĂšs les deux en Allemagne, et projetons d'en ouvrir 50 autres par an partout dans le monde.
Vous travaillez en ExtrĂȘme Orient depuis 1990 et ĂȘtes un prĂ©curseur de la dĂ©localisation. Qu'est-ce que la Chine et que pourrait-elle ĂȘtre pour l'Italie ?
La Chine est un dĂ©bouchĂ© pour l'Italie, mais seulement si les chefs d'entreprise ont la volontĂ© de se dĂ©placer. Il faut bien nous mettre en tĂȘte que la dĂ©localisation ne peut pas ĂȘtre uniquement considĂ©rĂ©e comme le moyen de rĂ©duire les coĂ»ts de main-d'oeuvre, nous devons Ă©galement nous positionner comme des " missionnaires ", porteurs d'une Ă©thique de travail qui malheureusement bien souvent vient Ă manquer. Mes lignes de production chinoises sont entiĂšrement identiques Ă celles italiennes, et mes usines ont le mĂȘme impact environnemental que celles qui se trouvent ici. C'est un choix avant tout moral, que nous devrions tous avoir le courage de faire.
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