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STEFANO COLOMBINI : " LE BRUNELLO, MA PASSION "

Rome - (Ign) - " Tradition, culture et territoire : le Brunello de la Fattoria dei Barbi est le produit de deux siĂšcles d'histoire. C'est cela son secret ". C'est ainsi que Stefano Cinelli Colombini raconte la Fattoria dei Barbi (www.fattoriadeibarbi.it) et son aventure d'entrepreneur. Avec 760 000 bouteilles de vin produites en 2005, 10,8 millions d'euros de chiffre d'affaires et 70 salariĂ©s, la Fattoria est une des entreprises les plus actives dans le secteur de l'Ćnologie. L'entreprise exporte 22,1 % de ce qu'elle produit ; les deux marchĂ©s principaux sont les Ătats-Unis et le Canada. Appartenant aux Colombini depuis 1352, c'est aussi une des destinations touristiques principales de la province de Sienne (plus de 70 000 visiteurs par an) : dans les caves historiques, qui renferment de prĂ©cieuses bouteilles remontant Ă 1870, il est possible de rĂ©server des dĂ©gustations guidĂ©es. Mais il est aussi possible de sĂ©journer Ă l'agritourisme, goĂ»ter dans la taverne les plats les plus authentiques de la tradition toscane, acheter la charcuterie de la boucherie et les fromages du fromager, produits selon l'ancienne tradition toscane.
Votre entreprise a deux siĂšcles d'histoire (votre mĂšre est connue comme "la dame du Brunello"), et opĂšre dans un secteur fortement concurrencĂ© oĂč compte surtout la qualitĂ©. Comment fait-on pour rester sur ce marchĂ© ?
La Fattoria dei Barbi est la cinquantiĂšme entreprise italienne dans le secteur des vins par son chiffre d'affaires, et la plus grande parmi les entreprises familiales : on n'obtient pas certains rĂ©sultats sans un lien fort avec le territoire. Nous produisons du vin depuis plus d'un siĂšcle, avec aujourd'hui de forts investissements dans la technologie, tout en nous rappelant toujours que notre " cĆur de mĂ©tier " est en liaison Ă©troite avec la tradition de cette rĂ©gion. Ce lien profond s'est concrĂ©tisĂ© rĂ©cemment avec l'ouverture du premier MusĂ©e de la CommunautĂ© de Montalcino et du Brunello : situĂ© dans les anciennes Ă©tables de la Fattoria dei Barbi, il recrĂ©e la vie et les activitĂ©s quotidiennes de la communautĂ©, en rĂ©servant Ă©videmment un espace important Ă l'activitĂ© Ćnologique. Bref, nous savons trĂšs bien que, mĂȘme en Ă©tant la deuxiĂšme entreprise de Montalcino pour nos dimensions et parmi les plus grandes productrices du Brunello, nous ne pouvons pas rivaliser avec les gĂ©ants du marchĂ© si nous nous prĂ©sentons seulement comme une entreprise, alors que nous pouvons rĂ©ussir si nous parvenons Ă nous imposer comme une rĂ©alitĂ© territoriale et Ă souligner notre culture et notre histoire. C'est le seul chemin Ă parcourir.
à quel point la recherche est-elle importante dans votre secteur et quel risque y a-t-il de dénaturer un produit aussi " naturel " que le vin ?
Mon entreprise est Ă l'avant-garde du point de vue technologique : j'Ă©tudie actuellement avec l'UniversitĂ© de Pise un systĂšme qui permet de recrĂ©er les conditions optimales pour les vendanges. Le rĂ©sultat est reprĂ©sentĂ© par le projet PMF (PrĂ©-MacĂ©ration Ă Froid) de 2001, grĂące auquel il est possible d'obtenir un Brunello en quantitĂ© deux fois supĂ©rieures, tout en gardant les caractĂ©ristiques typiques, les goĂ»ts et les arĂŽmes du Sangiovese de Montalcino. Je pense qu'il n'y a aucun risque d'altĂ©ration : la fermentation est quoi qu'il en soit un processus technologique, mĂȘme s'il est vieux de 2000 ans ; le vrai risque Ă Ă©viter est que les caractĂ©ristiques organoleptiques du produit se dĂ©naturent. Le problĂšme auquel la machine a remĂ©diĂ© Ă©tait dĂ» Ă l'anticipation des vendanges, qui nous faisait avoir des raisins trop " chauds ". Avec l'utilisation de la glace sĂšche lors de la phase de prĂ©-fermentation, on recréé le climat qui caractĂ©risait les meilleures vendanges des dĂ©cennies passĂ©es, en utilisant une mĂ©thode absolument naturelle qui, pour la premiĂšre fois, est appliquĂ©e Ă un cĂ©page rouge et estimĂ© tel que le Sangiovese. Et le rĂ©sultat est nettement supĂ©rieur.
Votre secteur est caractérisé par un grand nombre de petites et moyennes entreprises. Il vaut mieux que les entreprises s'unissent en consortium pour profiter des économies d'échelle ou qu'elles restent comme elles sont ?
Le problÚme du nanisme des entreprises est sérieux et réel ; nous, nous adhérons déjà au consortium tel que celui du Brunello, qui dépense 70 % de ses 3 millions d'euros de chiffre d'affaires pour la promotion de la marque. Mais l'on pourrait certainement faire plus d'un point de vue de l'organisation et je pense à la mise en bouteilles et à la confection : aujourd'hui chaque entreprise a ses propres machines, et cela entraßne une dépense considérable à tous points de vue. Nous y arriverons progressivement.
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