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FRANCESCO PAGLIARO : " À NEW YORK AUSSI MON HUILE FAIT FUREUR "

Rome (Ign) - Ce n'est pas tous les jours que l'un des plus grands journaux amĂ©ricains tarit d'Ă©loges. C'est ce qui est arrivĂ© Ă Francesco Pagliaro, un petit entrepreneur qui produit de l'huile d'olive extravierge en Calabre, Ă San Vincenzo La Costa, et en Sicile, Ă proximitĂ© de Castelvetrano. MoitiĂ© calabrais et moitiĂ© sicilien, il se partage entre les terres de son pĂšre et ses terres siciliennes oĂč il produit les huiles d'olive Le Conche. Ses produits ont Ă©tĂ© largement primĂ©s en 2002 et 2004 au salon de l'huile de VĂ©rone, et ils sont apprĂ©ciĂ©s des grands chefs comme Claudio Sadler Ă Milan, Bernard Fourier Ă Campione d'Italia et Dario Ranza du restaurant " Principe Leopoldo " de Lugano.
Que ressentez-vous aprÚs les éloges du New York Times ?
C'est un trÚs grand honneur. Je suis particuliÚrement fier que ce quotidien new-yorkais ait parlé de mon huile à ses lecteurs. En Amérique, comme dans tous les pays anglo-saxons, l'huile d'olive rencontre un engouement sans pareil. C'est magnifique qu'un produit sicilien soit, lui aussi, apprécié par la classe supérieure du marché, comme la clientÚle de New York.
Pouvez-vous nous raconter comment votre entreprise a vu le jour ?
Mon entreprise est minuscule : je possĂšde mille arbres, rĂ©partis entre la province de Trapani et celle de Cosenza. C'est bien entendu le fruit d'une passion familiale : mon pĂšre possĂ©dait ces terres et j'ai dĂ©cidĂ© de me lancer dans leur culture. La petite taille de mon entreprise me permet d'en prendre grand soin et de suivre toutes les phases de la culture jusqu'au produit fini. Aujourd'hui, mon chiffre d'affaires s'Ă©lĂšve Ă environ 30 000 euros, mais j'espĂšre que je pourrai dĂ©velopper rapidement mes activitĂ©s. J'ai dĂ©jĂ exportĂ© la moitiĂ© de ma production en Suisse oĂč certains restaurants de Lugano sont tombĂ©s amoureux de mon huile d'olive.
Quelles sont les mesures à prendre pour que l'huile d'olive sicilienne soit appréciée dans le monde entier ?
L'huile sicilienne a dĂ©jĂ Ă©tĂ© primĂ©e plusieurs fois, mais elle n'est pas assez promue sur les marchĂ©s Ă©trangers comme peut l'ĂȘtre le Parmigiano Reggiano. La Sicile doit apprendre Ă gĂ©rer cette excellence par l'engagement de ses producteurs, les contributions rĂ©gionales, mais surtout par une campagne de communication efficace, notamment par la publicitĂ©. La qualitĂ© est le premier des objectifs, et c'est les caractĂ©ristiques propres Ă notre terre qui nous permettent de l'atteindre. De plus, il est essentiel de se faire connaĂźtre et la meilleure façon d'y parvenir consiste Ă utiliser une nouvelle forme de marketing qui associe Ă nos produits nos valeurs culturelles et historiques ainsi que nos paysages.
Comment développer plus généralement le secteur des petites et moyennes entreprises alimentaires italiennes ?
Dans le secteur de l'agroalimentaire au dĂ©tail, nos entreprises continuent Ă souffrir de la concurrence des multinationales du secteur, qui peuvent mettre en oeuvre de nombreuses stratĂ©gies de vente et de production bien dĂ©limitĂ©es et des synergies trĂšs Ă©videntes, ce qui permet de rĂ©duire les coĂ»ts assez importants. De notre cĂŽtĂ©, nous devons chercher Ă accroĂźtre davantage notre influence grĂące Ă la crĂ©ation de coopĂ©ratives et d'associations. De nos jours, de nombreuses entreprises sont sous-dimensionnĂ©es, ce qui permet Ă©galement Ă leur directeur de garder le contrĂŽle du processus dans son intĂ©gralitĂ©, du producteur au consommateur. Nous devons donc faire un pas en avant, peut-ĂȘtre avec le soutien des organismes locaux, mais aussi rechercher de nouveaux mĂ©canismes de marketing pour " nous vendre " plus efficacement et augmenter notre chiffre d'affaires. C'est seulement de cette façon que nous rĂ©ussirons Ă jouer dans la cour des grands.
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