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DE TREVIGLIO À L'EXTRÊME-ORIENT, LES TRACTEURS PARLENT ITALIEN

En 2001, il est devenu directeur général de l'une des réalités les plus ancrées dans le paysage traditionnel italien dans le secteur de la mécanisation pour l'agriculture. Massimo Bordi est le P.D.G du groupe Same Deutz Fahr ( www.samedeutz-fahr.com/it ). Il est à l'origine de la stratégie de rationalisation et d'ouverture à l'international qui a permis au cours des dernières années la métamorphose de l'entreprise née en 1927 à Treviglio, dans la province de Bergame, grâce à l'intuition de Francesco Cassani. Pourtant, même s'il s'agit désormais d'un groupe international, devenu en 2003 l'actionnaire de référence de Deutz Ag, leader indépendant sur le marché des moteurs diesel industriels coté à la Bourse de Francfort, le lien avec le territoire et le savoir-faire de la région d'origine ne s'est jamais rompu.
Nous sommes nés dans une région agricole où l'activité économique primaire créait le besoin et a favorisé la naissance d'une industrie pour la mécanisation de l'agriculture qui s'est alliée à l'expérience traditionnelle et la qualité mécanique du nord de l'Italie. C'est l'origine d'une tradition d'entreprise qui se maintient encore aujourd'hui dans des régions telles que la Lombardie, l'Émilie Romagne, la Vénétie et le Piémont. Notre entreprise est née d'un besoin et a répondu à un besoin. Bien entendu, en changeant de peau au fil des ans. Si, à l'origine, comme l'ensemble du monde des entreprises italiennes d'aujourd'hui, Same s'est développé au niveau local, la seconde phase de notre histoire a coïncidé avec le processus d'européanisation avec l'acquisition de Lamborghini, de Hürlimann, de Deutz Fahr avec la naissance consécutive du groupe Same Deutz-Fahr.
En pénétrant les marchés étrangers non italiens, Same Deutz Fahr a pu augmenter son volume de vente et son chiffre d'affaires. Est-ce le parcours obligé des entreprises qui veulent exporter leur tradition d'entreprise du made in Italy ?
Tout à fait. Mais en ce qui nous concerne, il allait de pair avec la redéfinition de nos objectifs qui ne pouvait être effectuée que dans le cadre d'une logique de groupe international. Au cours des dernières années, nous avons compris, dans nos trois lignes d'activités (moteurs, tracteurs et moissonneuses-batteuses) que nos moteurs seraient un produit phare dans le développement du groupe. À condition, toutefois, de dépasser la masse critique nécessaire pour garantir la rentabilité et les dimensions adaptées permettant de gérer le développement et l'innovation du produit.
La décision d'entrer dans Deutz Ag est donc la suite logique d'un processus d'internationalisation " virtuose " qui impose aux entreprises italiennes " d'intégrer " ses activités avec celles des groupes complémentaires ?
Certainement, mais en gardant à l'esprit que la logique sous-jacente à l'opération avec Deutz Ag a été celle d'une intégration en amont, pour distribuer les investissements pour le développement des moteurs sur une production annuelle de 300 000 unités, c'est-à-dire la production actuelle de Deutz Ag produit aujourd'hui.
Le mot d'ordre de " masse critique " redevient donc d'actualité. Comme si la seule façon d'être compétitif au niveau mondial était d'acquérir de grandes dimensions, synonymes de gros volumes. Avec la force des dimensions, sur quels marchés peut-on saisir les opportunités offertes par la mécanisation de l'agriculture ?
Il faut nous tourner vers l'Orient, même si à l'heure actuelle les principaux marchés sont les États-Unis, l'Europe et l'Inde où toutefois de puissants producteurs locaux sont présents. La Chine est un marché présentant un potentiel intéressant, même si la région où la demande pourrait connaître une forte hausse dans les années à venir est la Russie aux prises avec l'effondrement du système de production de l'époque soviétique et la reconversion ratée d'une industrie autrefois solide. Tandis que l'Inde est un marché mature, la Russie offrirait des taux de croissance beaucoup plus rapides. Le marché local aurait intérêt à acheter des machines " occidentales " et préfèrerait le faire auprès d'un producteur local. Il faudra donc encore attendre quelques années.
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