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DANIELE LAGO : VOILÀ COMMENT NOUS AVONS RÉVOLUTIONNÉ LE CONCEPT DU DESIGN

Trente cinq ans, dernier né d'une famille de dix enfants d'un artisan vénitien du secteur mobilier-ameublement, son CV se distingue aussi par une formation en design à Padoue et par une grande expérience d'autodidacte. C'est là le portrait-robot de Daniele Lago, le directeur artistique de la société d'ameublement padovane du même nom ( www.lago.it ) qui révolutionne actuellement le secteur du bois-ameublement. Quelles sont, en détail, les caractéristiques qui distinguent la société Lago de ses concurrents ?
Nous avons décidé de déplacer notre axe de référence et de faire du design l'âme et le cœur de l'entreprise. Le tournant a eu lieu voilà cinq, six ans, à une époque où nous avons commencé à imaginer un nouveau concept de design, entendu selon une acception culturelle et pas simplement comme une activité de recherche et de conception de produits " patinés ".
De quelle façon une nouvelle vision du design a-t-elle influencé votre modèle d'entreprise ?
De façon globale, à partir de notre usine : toutes les structures portantes de notre usine de production de Villa del Conte (Padoue), qui s'étendent sur une superficie de 11 000 m², sont réalisées en bois lamellé. Elle ne possède aucun mur, mais des surfaces périphériques en verre qui permettent à la lumière naturelle de pénétrer à tout moment de la journée. La société Lago cherche à fabriquer non seulement des produits, mais aussi des procédés et des idées, pour essayer de redessiner l'économie.
C'est un objectif ambitieux, mais qui risque de rester sur le papier s'il ne se traduit pas par des produits et des procédés novateurs. Par exemple, comment les différents styles de conception se sont-ils concrètement inspirés de cette " révolution du design " ?
Comme élément conducteur, nous avons choisi la simplicité. Que ce soit dans la conception des produits comme dans l'utilisation des matériaux, où nous privilégions le verre, un produit propre et recyclable à 100 %. D'un certain côté, c'est un choix à contre-courant par rapport aux préférences actuelles du marché, recherchant l'opulence. Mais le risque, c'est que, outre les apparences, la substance puisse venir à manquer.
Pourtant, l'un de vos produits de pointe, le lit " Fluttua " (que vous avez dessiné) à un seul pied, n'est-il pas au fond le triomphe de la provocation et donc de l'apparence ?
Mais pas du tout. C'est un produit concret, qui se vend d'ailleurs comme des petits pains. Ce lit se compose d'une structure en fer, ancrée au mur, et d'une plateforme en bois, avec un seul pied central qui soutient cette sorte de grande étagère. Nous avons retiré tout ce qu'il était possible de retirer : avec cette solution de conception, nous économisons l'utilisation de matériaux, nous limitons l'impact sur l'environnement et les coûts du produit. Finalement, le rôle du designer moderne doit consister à offrir des solutions adaptées aux capacités de dépense des clients, mais également à satisfaire leur goût de l'esthétisme. Et au fond, qu'est-ce que le lit Fluttua ? Un matelas qui vole, un lit pour rêver.
C'est un concept fascinant, mais comment pouvez-vous le transmettre à vos clients ? Comment s'articule votre réseau de vente, en Italie et à l'étranger ?
Nous misons beaucoup sur les catalogues et les sites Internet, mais pour apprécier nos produits, il convient de les voir " en vrai ". Nous commençons tout juste à créer un réseau de boutiques monomarques, les " Lagostore " : la première boutique a été inaugurée à Rome. De plus, nous sommes présents dans environ mille points de vente multimarques, que ce soit en Italie ou à l'étranger. Le marché italien est encore important pour la société Lago puisque la part des exportations s'élève à environ 30 à 35 %. Mais dans les deux prochaines années, nous souhaitons rééquilibrer le rapport entre les chiffres d'affaires en Italie et à l'étranger, où les principaux marchés sont l'Espagne et la Russie. Nous devons optimiser nos ventes en Allemagne. Et nous faisons nos premiers pas en France, au Royaume-Uni et dans le Benelux. Pour les cinq premiers mois de l'année 2007, nos recettes totales ont enregistré une augmentation de 55 %. Paradoxalement, nous avons du mal à recruter pour soutenir cette croissance. Ainsi, nous sommes actuellement à la recherche d'un " responsable régional " pour l'Italie.
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