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LA PARABOLE DE CICCOLELLA, DE L'AGRICULTURE AU RÔLE DE LEADER MONDIAL DANS LES FLEURS

La société Ciccolella (www.gruppo ciccolella.com) est aujourd'hui l'un des plus importants producteurs européens de roses et d'anthuriums. En effet, elle possÚde environ 24 hectares de serres cultivées dans les Pouilles (entre Molfetta, Terlizzi et Giovinazzo, dans la province de Bari), 24 autres hectares terminés depuis peu en Basilicate (dans la commune de Melfi, province de Potenza) ainsi que 70 hectares de serres en cours de construction à Candela (Foggia). Ce groupe, propriétaire de nombreux brevets dans le domaine des fleurs et constamment impliqué dans l'étude et la recherche de nouvelles variétés, est dirigé par M. Vincenzo Ciccolella.
Monsieur Ciccolella, comment a commencé l'aventure entrepreneuriale de la famille Ciccolella dans la culture florale ?
C'est au début des années 1960 que mon pÚre a débuté cette activité. à l'époque, aucun producteur agricole n'avait pensait à la floriculture. En effet, quelques initiatives semblables avaient vu le jour dans la région de Molfetta-Terlizzi, dans les Pouilles, mais c'était des expériences limitées. De fait, ont peut affirmer qu'alors, il n'existait aucune culture de fleurs dans la région. Alors que l'agriculture traditionnelle montrait les premiers signes d'un effondrement, au vu du systÚme des parts que la politique agricole commune (la PAC) a ensuite institutionnalisé, le secteur non alimentaire n'était, quant à lui, pas soumis aux obligations imposées par la PAC, et jouissait d'une demande croissante au niveau de l'Italie comme de l'étranger. Et cela lui garantissait des bénéfices considérables.
Et pourtant, les Pouilles ont encore du mal à s'imposer parmi les grandes régions de production italiennes. à cette époque, on assistait au " rÚgne " de la Ligurie et de la région de Pescia, en Toscane. Votre pÚre n'a-t-il jamais craint d'avoir suivi une mauvaise intuition, d'avoir pris trop de risques ?
Non. C'Ă©tait simplement une question de temps. Il fallait savoir ĂȘtre patient car les premiĂšres activitĂ©s liĂ©es aux fleurs ne commençaient Ă voir le jour que dans ces annĂ©es dans le Sud de l'Italie. Mais certaines conditions infrastructurelles, comme le coĂ»t mineur de l'Ă©nergie, faisaient du Sud une rĂ©gion potentiellement stratĂ©gique. VoilĂ comment tout a commencĂ©. Et de nous jours, le Sud a Ă©vincĂ© les districts traditionnels qui rĂ©gnaient en maĂźtres dans la production floricole nationale. Certains services et une partie de la distribution sont cependant restĂ©s dans le Nord.
Si le Sud a obtenu un rÎle de leader dans ce secteur, c'est aussi grùce à la société Ciccolella qui, pour l'année 2005 à elle seule, a produit 15 millions de roses et 3 millions d'anthuriums, et prévoit d'ajouter à ses 120 hectares actuels de serres, déjà cultivées ou en cours de réalisation, 100 hectares supplémentaires en 2008 avec un site en Calabre, dans la commune de Simeri Crichi. Monsieur Ciccolella, votre société ne peut-elle exceller dans la culture des fleurs seulement avec des dimensions gigantesques ?
Depuis le début, nous avons misé sur la croissance dimensionnelle, conscients que dans notre secteur, la masse critique représente l'un des facteurs de réussite. Toutefois, les grands chiffres ne suffisent pas pour satisfaire nos clients. Il est primordial de leur offrir une continuité et une qualité de l'offre : des fleurs de premier choix et 365 jours par an car le produit ne doit jamais venir à manquer sur le marché. Voilà pourquoi nos fleurs poussent dans un cadre protégé : seule la serre permet de cultiver des fleurs pendant tous les mois de l'année.
Si votre premiÚre démarche consiste donc à proposer un produit toujours disponible, la deuxiÚme consiste à le vendre sur le plus grand nombre de marchés possibles, en prenant en compte que la durée de vie des roses est de quelques jours et que celle des anthuriums d'une semaine maximum. Votre internationalisation a commencé avec l'acquisition de la société Zurel BV, une société néerlandaise et l'un des quatre principaux acteurs européens dans le commerce des fleurs et des plantes. Quelle sera votre prochaine démarche ?
ParallĂšlement Ă nos activitĂ©s de commercialisation des produits floraux, nous poursuivrons diffĂ©rentes stratĂ©gies de production en travaillant simultanĂ©ment sur d'autres projets. En Suisse, dans le canton de Ticino, nous avons obtenu les premiĂšres autorisations de la commune de Quinto pour crĂ©er une installation de production sur 10 hectares, oĂč nous cultiverons des roses. En Bulgarie, les premiĂšres vĂ©rifications sur la faisabilitĂ© d'un nouveau programme d'investissement sont Ă l'Ă©tude. Dans les Balkans, comme vous le savez, il existe une ancienne tradition de production des roses, mĂȘme s'il s'agit de cultures Ă ciel ouvert destinĂ©es presque intĂ©gralement Ă l'industrie des parfums. Nous avons l'intention de diversifier les traditionnelles productions bulgares de roses par le biais de la culture de fleurs coupĂ©es en serre. Nous sommes et nous resterons des producteurs de fleurs coupĂ©es, toujours attentifs aux innovations, mĂȘme en matiĂšre d'Ă©nergie et de ses rapports directs avec le secteur de la floriculture. Enfin, nous veillerons toujours Ă crĂ©er des services qui permettront de rapprocher de plus en plus le producteur du consommateur final.
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