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FRATELLI ROSSETTI, LES CHAUSSURES “FAITES MAISON” S’IMPOSENT DANS LE MONDE

L’histoire commence en 1953, date à laquelle Renzo Rossetti et son frère Renoto créent une usine à chaussures à Parabiago, dans la province de Milan. En un peu plus d’un demi siècle, cette entreprise a fait du chemin : aujourd’hui les chaussures Fratelli Rossetti sont présentes dans les principales rues commerçantes du monde. D’où vient leur force ? De leur capacité à être à l’écoute tout en restant attaché à la tradition, grâce au mariage heureux entre l’artisanat et la technologie. Nous demandons à l’actuel numéro un de la société, Renzo Rossetti, si aujourd’hui encore sur un marché globalisé et changeant désormais tous les ans, l’entreprise italienne réussit à conquérir des parts de marché, malgré la concurrence agressive qui a toujours un impact sur les prix.
Cher président, avez-vous des difficultés à faire percevoir au consommateur la valeur ajoutée de vos chaussures, entièrement fabriquées de façon artisanale ? Une valeur qui demande, bien entendu, une juste reconnaissance en termes de prix de vente.
Effectivement, la production de Fratelli Rossetti s’adresse à une clientèle haut de gamme, internationale, habituée à rechercher le nec plus ultra et peu sensible aux modes passagères. Ce sont des consommateurs attentifs aux formes, à la qualité des peaux et aux accessoires utilisés, aux transformations et aux finitions, ainsi qu'au confort du chaussant. Ils cherchent constamment des produits qui expriment la classe et le raffinement. Ces mêmes consommateurs fidèles ne renoncent pas au privilège de porter des Rossetti et sont notre meilleure vitrine.
L’un de vos atouts est votre capacité à réaliser toutes les phases de fabrication dans votre siège de Parabiago. Le savoir-faire de vos ateliers est-il une garantie de qualité ou bien avez-vous mis en place un niveau supérieur de contrôle de la qualité, géré par des employés entièrement dévolus au contrôle ?
Bien entendu, nous assurons un contrôle direct à tous les niveaux de l’entreprise. Il faut y ajouter l’expérience et le professionnalisme de nos artisans. Cette alliance garantit l’excellence du produit final. J’aime dire que même les murs de notre entreprise savent comment nos chaussures se fabriquent... C’est le grand avantage de la gestion interne de la totalité des processus de production, sans aucune externalisation. On cultive le savoir-faire maison sans jamais le partager.
Évoquons votre histoire. L’entreprise a plus de 50 ans d'existence. Comment l'industrie de la chaussure a t’elle changé en un demi siècle ? La phase post industrielle actuelle se caractérise par un recours toujours plus important à l’externalisation de la production, mais Fratelli Rossetti qui réalise 100 % de sa production en interne va à contre-courant. Comment pouvez-vous avancer à contre-courant tout en restant compétitifs ?
Même, si au cours des 50 dernières années, nous avons connu de nombreux changements, nous sommes restés fermes sur un point : notre consommateur est resté fidèle à un produit de qualité élevée en lequel il peut avoir confiance et qu’il peut acheter à nouveau. C’est la raison pour laquelle nous avons fait le choix de l’excellence et de la production gérée en interne. Cela se traduit par une organisation efficace et, au final, par un bon rapport qualité-prix.
La tempête souffle sur les places boursières du monde entier, en dépit des récents sursauts : ne s’oriente-t-on pas vers une baisse de la consommation dans les pays occidentaux ? Pensez-vous qu'un déplacement graduel des bassins de vente dans les économies émergentes suffirait à absorber l'impact d'une crise éventuelle de la demande des économies plus matures ?
Bien entendu, les nouveaux marchés ont équilibré le ralentissement des marchés matures et constituent pour nous une plate-forme de développement. Récemment, nous avons même signé un accord avec la société Fairton pour l’ouverture de 17 points de vente monomarque en Chine. Toutefois, l’Europe reste pour nous un point de référence pour lequel nous restons confiants : pour preuve, d’ici un mois, nous ouvrirons un nouveau magasin à Londres, au beau milieu de la crise actuelle.
Quelle sera, selon vous, la part des exportations dans votre C.A fin 2008 avec vos 350 points de ventes présents dans le monde, toutes enseignes confondues (monomarques, multimarques, shop-in-shop) ? Quels sont vos principaux marchés d’exportation ? Et quels sont les pays qui semblent les plus porteurs ?
Les exportations représentent 60 % du C.A et nous devrions terminer l’année 2008 avec 70 millions d’euros. Nos principaux marchés sont l’Europe et les États-Unis, mais nous voulons nous développer davantage en renforçant notre présence sur le marché russe, dans les Émirats Arabes Unis, en Chine et en Inde.
Avec quelles stratégies dominez-vous les marchés internationaux ?
En Occident, nous intervenons avec des distributeurs directs et via des distributeurs ou des magasins franchisés en Orient. La distribution est coordonnée depuis l’Italie et gérée localement par les détenteurs de licences.
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