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AVEC ARETA, LES MÉDICAMENTS BIOLOGIQUES DÉPASSENT LES FRONTIÈRES DE L’ITALIE

À sa création en 1999, l’entreprise italienne Areta International était une société de services du secteur des cultures cellulaires et des médicaments de nouvelle génération. Désormais, elle s’intéresse à la recherche et à la culture de nouveaux médicaments biologiques dans le secteur des thérapies avancées : les thérapies cellulaires, la thérapie génétique, l’ingéniérisation des tissus. Créée grâce à l’intuition de Maria Luisa Nolli, elle emploie aujourd’hui 25 personnes dont 90 % sont diplômés. L’entreprise est au cœur de l’Insubrias Biopark, le premier parc biotechnologique fondé sur la coopération dans le cadre de la région transfrontalière italo-suisse de l’Insubria. Fort d’un bilan équilibré depuis 2003, Areta a continué depuis à investir dans les nouvelles technologies et dans la nouvelle installation Gmp (good manufacturing practice). L’entreprise génère un chiffre d’affaires de 1,5 millions d’euros. Elle réalise 80 % de son C.A en Italie et les 20 % qui restent à l’exportation. Le marché national a une forte incidence sur ses bénéfices, mais les perspectives de croissance les plus importantes se trouvent à l’étranger. Nous demandons à sa Directrice Générale, Maria Luisa Nolli, de nous en dire plus.
De quoi avez-vous besoin pour réussir à l'étranger ?
Il nous faut surtout du temps. Areta a commencé à s’ouvrir à l’international il y a seulement quelques années. Les marchés les plus porteurs sont l'Amérique du Nord et l'Europe. En Italie, nous faisons partie des rares entreprises capables de produire des médicaments biologiques de nouvelle génération dans le secteur des thérapies avancées.
Pourquoi pensez-vous être si différents ?
Nous sommes différents et même le modèle d’activité d’Areta l’est ! L’entreprise développe et produit des lots ad hoc qui répondent à la demande du client. C’est idéal pour les médicaments biologiques, moins stables et rarement caractérisés, par opposition aux médicaments de synthèse. Nous n’avons donc pas besoin d’infrastructures de production importantes car nous ne produisons que des lots pour un client donné et au moment le plus opportun par rapport au cycle de développement du médicament.
Comment Areta a t-il changé au fil des ans ?
Au début, nous étions exclusivement une entreprise de services pour l'industrie pharmaceutique et les instituts de recherche, comme la génération de nouveaux anticorps pour la mise au point de tests, non seulement pour la R&D, mais aussi pour la détermination de protéines dans des fluides biologiques. Après quelques années, nous avons constaté que le secteur des médicaments biologiques évoluait et tendait vers des perspectives importantes avec l’apparition rapide d’une nouvelle famille de médicaments comprenant les nouvelles protéines pour la thérapie enzymatique ou les anticorps pour l’immunothérapie ou encore les cellules pour la thérapie cellulaire. Nous avons vite compris que les médicaments biologiques constitueraient 50 % de nos nouveaux médicaments.
Et quand avez-vous franchi le pas ?
Lorsque nous nous sommes rendu compte que nous avions besoin d’avoir une installation pharmaceutique produisant des lots de médicaments destinés à l’expérimentation clinique. Un défi passionnant pour ceux qui, comme moi, connaissent bien le secteur : j’ai travaillé chez Lepetit qui fait partie de la multinationale Dow Chemical. Au cours des 15 années passées chez Dow Chemical, j’ai développé un véritable savoir-faire et appris comment franchir le pas et créer ma propre entreprise.
Est-ce facile de passer du statut de chercheur à celui d’entrepreneur ?
Non, pas du tout. J’ai personnellement pu constater qu’il existait un véritable fossé entre l’excellence dans la recherche et la capacité à transformer les acquis de la recherche expérimentale en médicaments potentiels. Pour réduire cet écart, Areta s’est offert les services professionnels de Luigi Cavenaghi, un ancien de chez Lepetit qui a occupé des fonctions importantes au sein du service “quality operations” d’Aventis. Il dirige actuellement Areta et a su apporter à l'entreprise son expertise dans le domaine du contrôle et de l'assurance qualité qui précèdent toute livraison de lots. Et c’est ainsi que grâce à lui, nous avons mis en place une installation de production qui fonctionne depuis 2004.
Quelles sont les caractéristiques de votre mode de production ?
Là où Areta innove c’est que dans son installation Gmp, il n’y a pas d’installations fixes de fermentation, mais des bio réacteurs stériles, modulaires et à usage unique, idéaux pour la fabrication de médicaments biologiques provenant de la culture de cellules et qui garantissent la stérilité nécessaire. Avec les médicaments biologiques, la stérilité doit être assurée de façon encore plus rigoureuse, dans la mesure du possible, par rapport aux techniques de production traditionnelles. En 2008 justement, nous avons réalisé une nouvelle installation et étendu notre production aux anticorps, aux protéines recombinantes et aux cellules pour le renouvellement tissulaire.
Aujourd’hui, de quoi avez-vous besoin pour vous développer encore ?
À l’heure où je vous parle, nous sommes impliqués dans le parcours de développement d'un médicament, dans les étapes qui vont de la fin de la recherche de base à la production de lots pour la phase d'expérimentation clinique en phase 1 et 2. Notre stratégie prévoit une phase initiale de consolidation en Italie. Il faut maintenant se tourner vers les marchés étrangers comme nous le faisons déjà. Dans ce sens, l’année 2007 sera décisive avec l’entrée dans le capital de l'autrichien Cyathus Exquiere.
Quelles sont vos prochaines frontières ?
Nous travaillons avec des cellules staminales pour la reconstruction des tissus osseux et du myocarde. Parallèlement, nous participons à des projets de recherche internationaux et européens dont l’ambition est de développer des médicaments innovants. Nous espérons apporter notre compétence à leurs projets de développement en travaillant en équipe ou en apportant notre savoir-faire aux autres équipes impliquées.
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