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CORMATEX, JOYAU DU GÉNIE MÉCANIQUE MADE IN PRATO

Cormatex œuvre depuis toujours dans le district textile de Prato. À sa création en 1938, cette PME « familiale » concevait et réalisait des cardes et des fileuses intermittentes pour la production de fils cardés, déposant les premiers brevets dès l’après-guerre. La première grande évolution remonte au début des années soixante, lorsque Cormatex a élargi sa gamme de machines liées au secteur des textiles non tissés, d’abord avec des technologies pour la production de feutres et ouates, pour arriver aux installations modernes de production de textiles techniques. En 1978, l’arrivée de la deuxième génération à la tête de l'entreprise a projeté Cormatex sur les marchés étrangers, lançant une forte phase de renforcement du réseau de vente en tout point du monde. Aujourd’hui, l’entreprise qui réalise un chiffre d’affaires de 5 à 6 millions d’euros, exporte 90-95% de la production.
Nous demandons au Directeur des Ventes Luca Querci : dans quels pays du monde vos machines ont-elles le plus de succès ?
Les plus grands débouchés sont la Chine, la Russie, le Brésil, l’Égypte, la Turquie et les États-Unis. Notre stratégie commerciale se concentre actuellement d’une part sur des économies émergentes telles que l’Inde, certaines régions d’Afrique du Nord et les Pays Arabes, où l’entreprise n’est pas encore implantée. Parallèlement, nous envisageons de récupérer des parts de marché en Europe, notamment en France, Allemagne et Scandinavie.
Comment a été organisé, au fil des années, un réseau commercial enclin à assurer une présence diversifiée sur presque tous les continents ?
Nous avons des agents répartis dans le monde entier qui relèvent de notre service commercial interne. Dans les pays où nous sommes implantés depuis plus longtemps, comme en Chine, nous avons mis au point une assistance technique locale qui intervient aussi bien lors du montage de nos chaînes que lors de maintenances et réparations, garantissant un conseil ou une assistance qualifiée et immédiate. Une équipe de techniciens et de technologues en produit très expérimentés nous permet de toujours fournir une assistance après-vente directe en tout point du monde. La capacité d’instaurer des relations de partenariat avec nos clients pendant toute la durée de vie de nos machines est certainement l'un de nos plus grands points forts.
Intéressant : depuis la petite ville de Prato, vous arrivez à coordonner un réseau mondial. Mais n’est-il pas difficile de rivaliser, sur un plan aussi vaste, pour une PME ?
C’est difficile, surtout par le fait de notre confrontation à des concurrents européens, en majorité français et allemands, qui sont souvent des entreprises multinationales implantées sur le marché depuis des années et avec une « puissance de feu » incomparable à la nôtre. Chez Cormatex, il ne reste qu’à nous orienter sur la flexibilité productive, sur la capacité d’écouter le client et à développer la solution qui lui est propre. Le mot standard nous est inconnu et nous développons donc toujours des solutions sur mesures. Grâce à ce rapport direct et étroit avec la clientèle, nous pouvons cibler notre recherche et notre créativité sur les exigences spécifiques du marché
On pourrait dire qu’à force de produire sur mesure, innover selon les exigences spécifiques du client devient plus facile. En est-il ainsi ?
Absolument. Les deux derniers brevets déposés par Cormatex reflètent l’évidence d’une façon de travailler en contact étroit avec l’utilisateur final. Je pense à une machine pour le nettoyage de la laine dénommée « Épinceteuse », dont le brevet a été déposé en 2003, ainsi qu’au nouveau système aérodynamique «Lap Formair», un brevet de 2007. Le système Lap Formair pour la formation aérodynamique de textile non tissé permet de réduire les coûts de production et surtout de recycler toute chute de production. Investir en innovation est capital et notre entreprise le fait : nous avons pu ces dernières années consacrer jusqu’à 15% du chiffre d’affaires en recherche.
Pouvez-vous donner quelques détails de plus sur la technologie utilisée pour le système Lap Formair ?
Je commencerais par une explication, indispensable. Le textile non tissé est le terme générique définissant un produit industriel comparable à un tissu, mais obtenu par des procédés différents du tissage traditionnel et du tricot. En général la production de textile non tissé prévoit l’utilisation de machines complexes, la carde et la plieuse, utilisées pour disposer les fibres en couches ou croisées. Les fibres sont ensuite unies mécaniquement, soit avec des aiguilles, des adhésifs ou par processus thermiques. Le système Lap Formair, l’une des technologies « Airlay », permet de former le textile non tissé par voie aérodynamique. Cette technologie réduit les coûts car il s’agit d’un processus plus simple et plus productif, mais augmente surtout la polyvalence de la production. Elle permet en effet de traiter tout type de matériau, des fibres naturelles ou synthétiques aux produits non fibreux comme le polyuréthane.
Le système Lap Formair permet donc de traiter les chutes d’usinages industriels, textiles et autres ?
Exactement. Le Lap Formair forme en un seul passage un « matelas de fibres » grâce à un système avancé de contrôle du flux d'air et de la pression de travail et détermine la densité du matériau par centimètre cube ; ces fibres sont ensuite soudées, mécaniquement ou par traitements thermiques, pour donner naissance au produit fini. Ce principe simple de fonctionnement permet de traiter tout type de matériau, jusqu’aux chutes ou déchets provenant d’autres processus industriels, avec une qualité de production comparable aux processus traditionnels avec carde et plieuse
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