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GLENFIELD VEUT IMPOSER LA BONNETERIE MADE IN ITALY DANS LE MONDE

Glenfield nâest pas seulement synonyme de bonneterie Made in Italy de qualitĂ©, mais est surtout un projet qui a su imposer sur les marchĂ©s globaux un nouveau concept de lâhabillement, rappelant la tradition country tout en proposant le top des tendances contemporaines de la mode. La marque, qui Ă©voquait initialement un style « old fashion » anglais, a peu Ă peu Ă©voluĂ© vers un « total wear » international, sans pour autant gommer le rĂŽle de la tradition d'entreprise du territoire d'origine.
Nous demandons au prĂ©sident Stefano Verzoletto : le lien avec la tradition du « savoir-faire » de votre territoire est-il lâune des clĂ©s de votre originalitĂ© ?
Sans aucun doute. Nous avons tenu Ă garder le cĆur de l'entreprise dans la province de TrĂ©vise, oĂč Glendfield a Ă©tĂ© créée, car nous avons compris quâil existe depuis toujours une culture du produit dans cette zone de production de la VĂ©nĂ©tie. Aujourdâhui encore, la conception et le dĂ©veloppement des collections sont rĂ©alisĂ©s au sein de notre dĂ©partement DĂ©veloppement Produit, qui emploie un personnel local depuis des dĂ©cennies. Il est Ă©vident que nous faisons aussi appel Ă des compĂ©tences externes pour le design et le dĂ©veloppement des collections, mais sans jamais interrompre le rapport avec notre main dâĆuvre qualifiĂ©e.
La production est-elle aussi réalisée en interne ?
Non, Glenfield est une marque qui développe un projet de franchise. Pour la réalisation des collections, nous faisons appel à un groupe sélectionné de fournisseurs de confiance, italiens majoritairement. Nous développons deux collections par an, qui comptent environ 500 modÚles.
Votre succĂšs sâexplique-t-il en partie par la variĂ©tĂ© de lâoffre ?
Une large gamme permet sans aucun doute Ă lâoffre de sâadapter aux goĂ»ts personnels les plus « difficiles ». Mais avant de vouloir inonder le marchĂ© de produits, je pense qu'il est impĂ©ratif de dĂ©finir clairement sa position. Notre cliente type est la femme qui n'est plus adolescente, qui a plus de 25 ans, attentive aux thĂšmes et desseins de la mode, aux tendances des grands stylistes et avec un pouvoir dâachat moyen. Câest pour elle que nous devons produire.
Quels sont les principaux marchés extérieurs sur lesquels Glendfield souhaite imposer ce concept ?
Historiquement, lâAllemagne est le premier dĂ©bouchĂ© Ă lâĂ©tranger. Toujours en Europe centrale, nous sommes bien implantĂ©s en Suisse et en Autriche. Lors des deux derniĂšres saisons, nous avons commencĂ© Ă conforter notre position sur des marchĂ©s comme ceux de lâEurope de lâEst, que nous devons encore pĂ©nĂ©trer. Je pense notamment Ă la SlovĂ©nie, la Croatie, la Serbie, la RĂ©publique TchĂšque, jusquâĂ la Bulgarie oĂč des premiers contacts ont Ă©tĂ© pris, tous des pays oĂč notre projet « monomarque » nâa toujours pas Ă©tĂ© exportĂ©.
Quels sont les objectifs et les conditions de cette stratégie de distribution ?
LâidĂ©e est mettre la mode italienne « Ă portĂ©e de main », avec une rĂ©partition diffuse des points de vente sur les marchĂ©s que nous ciblons. Le modĂšle dâactivitĂ© semble identique Ă la franchise classique, mais Glendfield veut innover en instaurant un vĂ©ritable partenariat avec des opĂ©rateurs commerciaux qui partagent la philosophie de la spĂ©cialisation dans la bonneterie et l'importance du service client avec des standards les plus Ă©levĂ©s possible.
Combien de magasins de marque Glendfield existe-t-il dans le monde ?
Tous lieux dâimplantation confondus, nous comptons 320 points de vente, dont 250 monomarques. Sur un chiffre dâaffaires 2008 prĂ©vu en augmentation de 8 %, la part dâexportation sur les ventes des magasins Ă gestion directe sâĂ©lĂšve Ă prĂšs de 18 %. Le reste de notre rĂ©seau de distribution est composĂ© de « points » chez de grands distributeurs ou dans des boutiques multimarques. Nous souhaitons toutefois instaurer un minimum de rapports avec la distribution multimarque.
Pourquoi croyez-vous moins au canal multimarque ?
La distribution non « dĂ©diĂ©e » tend Ă faire acheter des marques diffĂ©rentes. Glenfield, en revanche, souhaite prĂ©senter avec ses collections un Ă©ventail de propositions qui permettent de trouver des solutions prĂ©cisĂ©ment dans sa variĂ©tĂ©. Le client qui adhĂšre au projet Glendfield doit pouvoir trouver dans nos boutiques le plaisir de sâhabiller, pour ainsi dire de pied en cap. LâĂ©volution vers le total look est dĂ©sormais achevĂ©e : les chaussures feront aussi partie de la collection automne-hiver 2010.
Les points de vente monomarque sont-ils gérées directement ou faites-vous appel à des partenaires commerciaux locaux ?
Cela dĂ©pend des pays. Hors des marchĂ©s classiques, nous nâopĂ©rons que par le biais de concessionnaires. Notre partenaire russe gĂšre par exemple les stratĂ©gies commerciales dans toutes les anciennes rĂ©publiques soviĂ©tiques. En Chine aussi, nous dĂ©veloppons, depuis un an et demi, un projet avec le concessionnaire local qui sâoccupe directement des 16 points de vente opĂ©rationnels actuels, que nous envisageons de doubler dans les 18 mois Ă venir. Nous attendons beaucoup de ces marchĂ©s, qui ont enregistrĂ© en 2008 une forte augmentation des ventes avec un taux Ă deux chiffres, +10 % en Russie et +12 % en Chine. En comptant les volumes gĂ©nĂ©rĂ©s par les concessionnaires russe et chinois, la part dâexportation sur le chiffre dâaffaires augmente - sensiblement - par rapport au 18% du canal direct.
En somme, vous attendez beaucoup des potentialitĂ©s de la Chine et de la Russie. Mais nâest-il pas risquĂ© de fixer des objectifs aussi ambitieux dans un climat de rĂ©cession globale qui menace le maintien des consommations, mĂȘme dans les Ă©conomies Ă©mergentes ?
Dans une pĂ©riode comme celle que nous connaissons, notre prioritĂ© est de nous focaliser sur la dĂ©fense des marchĂ©s traditionnels. Avant de chercher de nouveaux dĂ©bouchĂ©s commerciaux, nous pensons quâil est possible de trĂšs bien travailler sur les marchĂ©s acquis depuis longtemps. Par ailleurs, accĂ©der Ă de nouveaux marchĂ©s reprĂ©sente un investissement important en coĂ»ts et ressources humaines pour le dĂ©veloppement de nouvelles collections. Dans la situation actuelle, il est en revanche capital de ne pas disperser les Ă©nergies. L'approche faite en Chine et en Russie, oĂč seuls des concessionnaires nous reprĂ©sentent, est donc trĂšs cohĂ©rente. Nous leur garantissons une assistance permanente dans le marketing et le contrĂŽle du produit et des collections, avec une vĂ©rification Ă©tendue des complĂ©ments et/ou modifications, dĂ©cidĂ©es localement par nos licenciĂ©s.
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