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LORSQUE L'ITALIE INVENTA LE DESIGN

Rome - (Ign) - Il est bien difficile d'établir la date de naissance du design industriel italien. Il faut peut être remonter aux années Trente lorsque Giò Ponti, le plus grand architecte italien de l'époque, a commencé à dessiner une collection de mobilier bon marché pour les grands magasins La Rinascente et les céramiques de Richard Ginori. Ou penser aux premiers produits italiens destinés aux marchés internationaux et à l'année 1950 lorsque Olivetti a décidé de lancer pour la première fois un produit destiné à toucher le plus grand nombre, à être diffusé en masse : la Lettera 22, la plus célèbre machine à écrire italienne et l'une des plus connues au monde. Pour la concevoir, Adriano Olivetti a fait appel à un célèbre architecte, Marcello Nizzoli, l'un des grands maîtres du rationalisme italien. Sa plume a fait naître un objet destiné non seulement à être utile mais également à être beau et agréable. Quatre ans plus tard , en 1954, le même Giò Ponti participe à la création de l'Association pour le Dessin Industriel (www.adi-design.org) ; celle-ci a justement attribué à la Lettera 22 de Nizzoli le premier Compas d'Or, une distinction qui, à l'échelle mondiale, fait autorité dans le secteur du design. Un demi siècle plus tard, le design industriel constitue le véritable facteur de différenciation de l'industrie italienne. Sans le design, les produits italiens n'auraient certainement pas connu de tels succès car il leur permet de se distinguer et son empreinte aussi unique qu'incomparable en fait presque une entreprise à part entière. A l'heure actuelle, le design s'apparente à un véritable segment de production. Il s'agit même pour reprendre la terminologie des économistes d'un "metasecteur", implanté en Lombardie, autour de Milan, fort d'un grand nombre d'entreprises productrices de biens de consommation. Ces dernières marchent dans les traces d'Adriano Olivetti et cherchent à introduire une valeur ajoutée, même formelle, dans leur offre commerciale. Elles vont radicalement au-delà de la simple vision esthétique et formelle pour devenir un mode de conception et de production. Aujourd'hui, en fait, le projet d'un objet, que ce soit un meuble, un accessoire ou un simple ustensile de cuisine est bien plus qu'un bien d'équipement ou que le produit d'une machine industrielle, c'est une œuvre de design et de technologie alliant l'esthétisme et la technique. Tout ceci sans oublier ses aspects économiques, son prix final, sa qualité intrinsèque, son ergonomie et son utilité. En bref, il ne s'agit pas uniquement d'un simple concept esthétique mais, bel et bien, d'une vision et d'un mode de production complètement intégré impliquant un très grand nombre de compétences professionnelles qui se conjuguent pour atteindre le design final. On estime qu'aujourd'hui en Lombardie, le "metasecteur" du design industriel emploie directement ou indirectement plus de 20000 personnes - indépendantes ou salariées - dans les bureaux d'études des entreprises industrielles les plus variées. Si l'on considère ensuite la valeur commerciale des objets made in Italy grâce à leur design, on peut déclarer que le " système design " lombard génère un chiffre d'affaire de l'ordre de 10 milliards d'euros par an. Selon les économistes qui ont analysé ce secteur particulier, les perspectives augurent une croissance ultérieure, grâce à la diffusion accrue du design en tant qu'outil concurrentiel.. Le secteur va même jusqu'à impliquer un réseau de sièges universitaires (www.sistemadesignitalia.it) qui proposent de nouveaux parcours de formation promouvant cette nouvelle culture en matière de gestion de projets industriels. L'initiative, lancée par la Polytechnique de Milan, a en fait, rencontré l'adhésion des universités de Palerme, de Naples, de Reggio Calabria, de Gènes, de Florence, de Rome et de Turin, et a permis de constituer un véritable et authentique réseau du design italien.
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