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UNE TRADITION DE LONGUE DATE À L’ÉTRANGER POUR LES ENTREPRISES DE MONTAGE ITALIENNES

Les entreprises italiennes bénéficient d’un savoir-faire reconnu dans les solutions de montage d’installations industrielles en chantier, en Italie comme à l'étranger. Elles se sont affirmées après la deuxième guerre mondiale en commençant à travailler le fer. Les ateliers ont donné naissance à des monteurs, l’activité s’est peu à peu industrialisée et les opportunités des marchés internationaux se sont rapidement présentées. « Les entreprises italiennes - rappelle M. Aimone Vaccari, secrétaire de l’association de catégorie Uami - travaillent beaucoup à l’étranger. Elles exportent un travail spécialisé, permettant de consolider l'image de notre industrie dans le monde. Au début des années quatre-vingt-dix, les trois premiers noms du secteur comptaient à eux seuls 6000 employés ». Mais les entreprises qui recevaient des commandes de l’étranger stimulaient aussi les activités connexes de fournitures secondaires et aidaient les entreprises générales italiennes, fortes de la compétence de leurs monteurs. « Cette qualité Made in Italy était très appréciée dans le monde » - souligne le secrétaire de l’Uami.
Une crise inattendue du système des marchés a cependant touché un secteur globalement réputé pour sa haute spécialisation et pour résoudre tout problème qui pouvait se présenter en cours de chantier. « La Société Fochi, l’un des trois « géants » que j’évoquais, qui a monté de nombreuses installations nucléaires en Europe, est un exemple classique de notre haut niveau de compétences », illustre M. Vaccari. Ces dernières années, bien que le contexte ait changé, les entreprises italiennes continuent à s’affirmer au-delà des frontières. Non sans difficulté néanmoins. « La crise des années quatre-vingt-dix qui s’est violemment abattue sur le secteur a touché les grandes entreprises en les faisant disparaître les unes après les autres. L’Italie a donc rapidement disparu du marché mondial en dispersant un capital d’expérience » explique le secrétaire de l’Uami.
Les activités de montage ont connu des années difficiles mais les petites entreprises, qui n’adhéraient pas à l’Uami lorsque cette association comptait surtout de grandes structures, les ont aidées. Ces dernières années, la forte augmentation de la demande de l’industrie pétrolière a créé de nombreuses opportunités d’affaires et plus de 50 % des ventes du secteur (estimées à 2000-2500 millions d’euros) se fait aujourd'hui à l'étranger. « En quelques années - explique M. Vaccari - les petites entreprises ont repris du terrain, se sont développées et reçoivent à nouveau d’importantes commandes du monde entier. La société sicilienne Irem en est un exemple, elle a récemment signé un contrat avec Total pour une raffinerie au Royaume-Uni ».
Début 2008, l’industrie italienne du bâtiment à partir du fer, représentée par Uami, a créé avec Animp (Associazione nazionale impiantistica industriale/Association nationale d’installations industrielles) et Oice (Associazione delle organizzazioni di ingegneria, di architettura e di consulenza tecnico-economica/Association des organisations de génie, d’architecture et d'assistance-conseil technico-économique) la Federprogetti, une fédération d’associations qui compte plus de deux mille sociétés, avec 110 000 employés et un chiffre d’affaires de 42 milliards d’euros, dont 80 % réalisé à l’étranger. « L’objectif de Federprogetti - explique M. Vaccari - est de protéger et de représenter tous les intérêts de la filière, que nous souhaitons voir reconnue comme celle des installations Made in Italy. Elle fait de la qualité sa caractéristique qualifiante ». Les chiffres de Fedeprogetti n’ont, naturellement, rien à voir avec ceux de l’Uami, qui représente près de 20 % du marché italien et regroupe une quinzaine d’entreprises pour un effectif global de 3 à 4000 personnes. « Uami est cependant synonyme d’excellence des technologies d’installations italiennes qui s’imposent dans le monde », conclut M. Vaccari.
Le groupe Irem est un exemple des potentialités des entreprises italiennes du secteur : en 2006, il a obtenu, en partenariat avec Technip Italie (filiale du géant français de l’ingénierie Technip), une commande pour la réalisation de la plus grande installation de production d’éthylène du monde, avec une production annuelle de 1,4 millions de tonnes. La structure, située à Yambu, en Arabie Saoudite, a nécessité 14000 tonnes de tuyaux et prévoyait 8 millions d’heures de travail. Le projet a été réalisé sur des délais très courts (à peine plus d’un an et demi) et témoigne du niveau de valeur ajoutée que peuvent fournir les entreprises italiennes. La tactique de la joint venture entre Technip et Irem était donc la bonne : grâce à la gestion intégrée du projet, tant sur le plan commercial qu’opératif, l’expérience en ingénierie du groupe français ainsi que le savoir-faire et le professionnalisme de l’entreprise italienne ont pu être optimisés.
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