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LA CRISE N’ARRÊTE PAS LE CAFÉ EXPRESSO

Les producteurs de café apportent depuis longtemps une contribution très importante à l’export alimentaire italien. Après des années de croissance à deux chiffres pour les exportations, 2009 a cependant marqué une stabilité conséquente, avec une valeur de +0,26 %. Il s’agit d’un ralentissement « dû principalement à l’euro fort et à la crise globale », explique Luca Solari, président du Comité italien du café (Comitato italiano caffè) , qui regroupe les torréfacteurs qui dirigent l’Aiipa , l’association italienne des industries de produits alimentaires (associazione italiana industrie prodotti alimentari) , ceux de l’Ait, l’association italienne des torréfacteurs (associazione italiana torrefattori), la Fédération café vert (Federazione caffè verde) , qui réunit les importateurs de café cru, partie essentielle de la filière, l’association du café du port de Gênes (associazione caffè del porto di Genova) et l’association du café du port de Trieste (associazione caffè del porto di Trieste) . Et pourtant, malgré le ralentissement, les chiffres attestent de l’état de santé d’un secteur qui n’a pas prévu de pertes considérables dues à l’urgence économique.
Ce qui a fait avancer, même pendant la crise, la torréfaction italienne, un univers composé de cinq grandes entreprises, 20 moyennes et environ 700 petites et moyennes entreprises, c’est son fleuron, c’est à dire, l’expresso, « un produit qui, il y a des années – explique Solari – était regardé avec méfiance par les consommateurs étrangers, à cause du coût relativement élevé par rapport à la quantité, tandis que le cappuccino avait un meilleur marché ». Mais la qualité de l’expresso italien, qui s’est affinée au fil des années, a déterminé l’énorme succès de ce produit. « Un succès facilité – ajoute le président du Comitato italiano caffè – par l’affirmation en parallèle des machines italiennes pour la préparation, aussi bien celles des bars que celles des distributeurs automatiques, sans oublier les machines à usage domestique ». Ainsi l’expresso s’est-il imposé sur de nombreux marchés étrangers, car il est non seulement une boisson mais aussi un véritable objet rituel. « De ce point de vue – souligne Solari – l’ouverture sur les marchés asiatiques s’est révélée importante car là -bas, l’expresso est devenu un signe extérieur de richesse et s’est ancré dans les habitudes de la vie quotidienne ».
Le Moyen Orient et l’Extrême-Orient représentent les frontières émergentes pour l’export du café italien, tandis que les destinations classiques sont la zone Euro, les États-Unis et le Canada. Les produits de la torréfaction italienne jouissent d’une remarquable réputation dans le monde entier et ils sont l’objet de multiples tentatives d’imitation. C’est pourquoi les associations du secteur, Comitato italiano caffè en tête, travaillent à la défense de l’identité de la production nationale, en faisant pression sur les institutions nationales et communautaires afin qu’elles trouvent des solutions pour sauvegarder la spécificité du produit, c'est-à -dire tout le café qui, après avoir été importé, est grillé, mélangé et rendu commercialisable en Italie.
Par ailleurs le Comitato italiano caffè œuvre pour faire reconnaître les ports de Gênes et Savone comme points des livraisons de la Bourse du café arabica de New York : un résultat qui, s’il est atteint, donnerait un prestige supplémentaire au rôle toujours plus important que l’Italie joue dans la géographie du café, pas uniquement en termes d’export mais aussi en tant qu’importateur de matières premières.
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