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CINQ SIÈCLES DE RIZ ITALIEN

Rome - (Ign) - Pendant des siècles, il a été considéré comme une essence rare, un médicament, quasiment une panacée. Et en effet il était plus facile de trouver une poignée de grains d'Oryza Sativa, dont c'est le nom botanique, chez les scientifiques ou chez les apothicaires que sur les étalages des commerçants ou sur les marchés. Puis, à partir de 1468, on a eu l'idée d'en faire quelques plants dans la vaste plaine du Pô. C'est ainsi, presque par hasard, que l'Italie est devenue le premier producteur européen de riz ; une première place qu'elle occupe encore aujourd'hui en offrant au marché européen plus de la moitié de sa propre production annuelle. L'importance de la riziculture en Italie est en fait d'une importance remarquable. Même si elle n'a bien entendu rien à voir avec les cultures en Asie qui représentent plus de 80% de la production mondiale. Mais une grande partie des récoltes y est absorbée par l'autoconsommation des familles de paysans si bien que le riz n'occupe pas une place extrêmement importante dans le commerce mondial de denrées alimentaires, dominé surtout par le blé, le soja et le lait. Mais avec ses 1,3 millions de tonnes par an de produit fini, l'Italie n'est pas seulement le premier producteur européen, c'est également l'un des premiers pays producteurs non asiatiques après le Brésil et les Etats-Unis. Les zones dédiées à cette culture se concentrent essentiellement dans le Nord du pays, entre le Piémont et la Lombardie, où la canalisation des cours d'eau naturels permettant d'inonder périodiquement les cultures est particulièrement facile. Le Nord de l'Italie est en fait situé exactement dans les limites climatiques requises pour la culture du riz qui nécessite beaucoup de chaleur en été et d'énormes quantités d'eau. Seul le Nord de l'Italie pouvait offrir des conditions environnementales certes non idéales mais quoi qu'il en soit favorables, par rapport aux autres régions méditerranéennes ne disposant pas des quantités d'eau nécessaires. Et ceci, malgré le fait que l'engouement pour la production rizicole a été relativement tardif en Italie après la seconde guerre mondiale. Pendant des siècles, en effet, la production italienne de riz s'est limitée à une espèce unique, le " nostrale " adapté surtout aux soupes et aux potages. Puis, en 1839, un frère dominicain a importé en quantité des Philippines des poignées d'autres variétés de riz, en cultivant même un petit champ à titre expérimental. Une première et timide tentative de sélection des meilleures qualités, les plus résistantes aux maladies, les plus rentables. Les systèmes d'irrigation furent développés et couvrirent une superficie de plus de 200 mille hectares et, au début du dix-neuvième siècle, la Station Expérimentale de Riziculture, a été créée ; elle a précédé la création du Centre pour le Riz de Mortara, l'un des principaux instituts de recherche sur le riz à l'échelle mondiale, géré par l'Observatoire National Italien du Riz (www.enterisi.it). Au cours des dernières décennies, les entreprises du secteur ont connu un grand changement : l'organisation de l'activité autour des grandes coopératives de producteurs s'est accentuée et des investissements importants destinés à améliorer la qualité du produit, à développer les cultures biologiques et à optimiser les systèmes d'irrigation ont été réalisés. Aujourd'hui, avec un chiffre d'affaires qui dépasse le milliard d'euros, l'Italie est même devenue un important exportateur de riz. A la tête d'une production d'environ 1,3 millions de tonnes, le marché italien absorbe en fait un peu plus de 450 milles tonnes, le reste partant à l'exportation, surtout dans les pays de l'Union européenne qui à eux seuls absorbent chaque année plus de 300 mille tonnes du riz italien. L'extension des rizières italiennes couvre désormais une superficie de 215000 hectares, répartis par ordre d'importance comme suit : dans les provinces de Vercelli, Pavie, Novare, Milan, Alexandrie, Ferrarae, Oristano, Mantoue, Vérone et dans quelques zones du centre et du sud de la région. Fort de 120000 hectares et de 5000 producteurs, le Piémont occupe la première place.
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