Home > FRANCE > Showroom

LE PANSEMENT SANS FIL, UNE IDÉE QUI AMÉLIORE LA QUALITÉ DE VIE

«De jeunes idées qui changent l’Italie» : c’est le titre du concours lancé par le gouvernement italien et remporté par le projet de trois ingénieurs et un physicien (tous trentenaires) de l’Université de Pise qui ont mis au point le projet d’un dispositif sans fil permettant de contrôler à distance un ensemble de paramètres biomédicaux (par exemple : pression, battements cardiaques, température, taux de sucre) avec des gains de temps et d’argent pour les structures hospitalières et d’assistance. Tout est parti d’une idée d’Antonio Mazzeo, d’Alessio Misuri, de Francesco Randazzo et de Pietro Valdastri. Ils se sont rencontrés à l’Université, en fréquentant les cours d’ingénierie électronique spécialisés en biométrie et certains d’entre–eux participaient au Master en Management de l’innovation de l’école supérieure Sant’Anna et envisageaient en parallèle de mettre en commun les connaissances acquises séparément.
Une idée décidément courageuse pour une équipe dont la moyenne d’âge est de 30 ans. « Tout a commencé, se souvient Antonio Mazzeo, avec mon mémoire de maîtrise qui traitait du contrôle à distance des conditions de santé des détenus. Ensuite, les compétences de Pietro Valdastri, spécialiste de la télémétrie sans fil, et des autres membres de l’équipe se sont greffées sur ce projet. C’est ainsi qu’une thèse et les recherches de 3ème cycle se sont transformées en concept commercial. Mais, concrètement, quelles sont les caractéristiques de ce qu’il est convenu d’appeler le pansement sans fil ? « Notre ambition, poursuit Mazzeo, est d’industrialiser un système qui mesure les paramètres physiologiques d’un patient grâce à un système sans fil. Nous sommes en train de définir, en collaboration avec le monde médical, quels devraient être ces paramètres ».
Mais la nouveauté importante du projet italien est l’ambition de “libérer” les patients des fils qui entrent et sortent de leur corps pour les surveiller en permanence avec un dispositif de petite taille capable d’envoyer, grâce à un système de connexion sans fil, des informations à un centre de contrôle éloigné où un médecin spécialisé pourra suivre les données de plusieurs patients en même temps. L’ingéniérisation complète de la solution devrait être finalisée en 2009 après les phases de conception du prototype. Et il n’est pas dit que le dispositif de contrôle sans fil devra forcément ressembler à un pansement à mettre sur la peau. « Il pourrait aussi bien se présenter sous la forme d’un bracelet », explique Mazzeo.
La force du projet de Mazzeo, Valdastri, Misuri et Randazzo réside donc dans sa capacité à avoir compris que l’on pouvait intégrer, dans un dispositif nouveau, par sa conception et sa finalité, tout un ensemble de systèmes de contrôle déjà existants. Et chacun en fonction de ses aspirations a contribué à la réalisation du projet. Mazzeo et Misuri, par exemple, se chargent de la gestion d’entreprise et du transfert technologique qui bénéficie de leurs expériences passées dans des entreprises. Valdastri apporte ses compétences de chercheur à l’école supérieure Sant’Anna de Pise et coordonne l’équipe de développement tandis que le logiciel est géré par Randazzo.
Même si nous n’avons pas inventé de nouveau capteur, notre travail d’intégration des capteurs existants est véritablement innovant : nous attendons donc protéger notre innovation avec un brevet. Nous espérons pouvoir obtenir le brevet international avant la fin de l’année », continue Mazzeo. En attendant la « qualification » du pansement sans fil, l’équipe gère une autre phase décisive : la recherche de financements. « Nous cherchons à attirer des financements privés, en attendant de signer un accord avec le ministère italien de la Recherche ».
Parmi les principales applications de la solution innovante développée par l’équipe italienne, il faut parler du suivi des personnes âgées. Dans ce domaine, un projet implique les entreprises sanitaires locales pour rechercher des opportunités dans la diffusion d’un capteur limitant le recours à la convalescence en milieu médical en permettant la surveillance à domicile des patients. En général, enfin, toutes les structures hospitalières deviendront le partenaire privilégié pour l’application et la vérification de cette solution, surtout en vue de la transition progressive des dossiers médicaux informatisés. « Mais les projets en vue, conclut Mazzeo, ne se limitent pas au seul monde de la santé : nous sommes sur le point de conclure la phase de négociation d’un projet visant à tester notre dispositif dans le monde du sport, par exemple, pour contrôler la fréquence cardiaque Les contacts noués concernent aussi bien des institutions sportives que des entreprises privées ».
|
|