|
 |
Home > FRANCE > Coup de projecteur

LEONARDO BAGNOLI: PROUD TO BE 100% ITALIAN

Rome - (Ign) - "Je fais partie d'une famille qui a construit cette entreprise à partir de rien, en 60 ans d'histoire : mon oncle Renzo, qui est décédé en 2001, mon père Loriano et mon cousin Marco (administrateurs délégués actuels) ainsi que mon oncle Sergio, le président. Pour nous, être une famille ne se traduit pas seulement par les repas de Noël, mais aussi par une grande collégialité dans la gestion de l'entreprise. Cela fait notre force". C'est ainsi que Leonardo Bagnoli, le plus jeune des patrons de Sammontana, introduit le discours sur son entreprise, qui est aujourd'hui à la troisième place du marché italien des glaces industrielles et la plus grande société de ce secteur avec un capital entièrement italien. Une entreprise avec un chiffre d'affaires net de 180 millions d'euros, deux sites de production (un de 50.000 m² pour la production des glaces, et un autre de 38.000 m² pour la Croissanterie), et 800 salariés.
L'histoire de Sammontana est celle d'une entreprise familiale qui rivalise avec les plus grandes multinationales. Comment faites-vous pour faire le poids face aux entreprises qui ont un chiffre d'affaires équivalent au P.I.B. de certains petits pays ?
Toute entreprise a ses particularités et celles de nos concurrents font certainement peur : puissance économique, pouvoir contractuel, recherche et développement mondial et grandes économies d'échelle. Mais nous possédons des caractéristiques qu'ils n'ont pas, et qu'ils ne peuvent ni copier ni acheter : l'orgueil de représenter l'Italie, sur ce marché, la compétence de tous les hommes Sammontana, et les prises de décision très rapides, grâce à une échelle hiérarchique courte et aux relations personnelles à tous les niveaux. Cela peut paraître de moindre importance par rapport aux investissements que font nos concurrents dans la communication, mais c'est faux. L'élément le plus important est le cœur que les personnes mettent dans leur travail : les hommes Sammontana y mettent tout leur cœur, et je les remercie tous les jours pour cela.
On parle souvent de la gestion familiale des entreprises, et de nombreux analystes du système industriel italien affirment que c'est cela le véritable frein de la croissance des dimensions des entreprises. Votre histoire est au contraire celle d'un succès. Pourquoi ?
Les analystes veulent dire que les entreprises à la gestion familiale ne dépassent pas certaines dimensions, car elles n'arrivent presque jamais à dépasser un milliard d'euros de chiffres d'affaires, et ils ont raison. En effet, les entreprises familiales, à un certain moment, cessent d'avoir les caractéristiques qui les ont amenées au succès tout en ne possédant pas les particularités typiques des multinationales, qui sont les seules à pouvoir gouverner des structures aussi grosses. Il y a deux cas : soit elles deviennent ingérables, soit elles réussissent à changer rapidement de mentalité en misant moins sur les aspects "humains" et personnels et plus sur ceux "comptables" et de direction. Notre dimension est encore adaptée à l'organisation familiale classique, mais j'espère vraiment qu'un jour ou l'autre nous devrons faire face à ce choix difficile de gestion, car cela signifierait que nous avons gagné de nombreux défis sur le marché.
Après la diversification du rayon pâtisserie, Sammontana avait la possibilité d'effectuer une acquisition en Italie pour s'agrandir. On avait parlé de l'achat d'une société, qui ne s'est pourtant pas encore concrétisé. Aujourd'hui, cela fait-il encore partie de vos intentions ?
Nos intentions sont de faire au mieux pour notre entreprise et son futur : cela peut passer par l'acquisition d'une autre société, mais il y a de nombreuses autres façons pour essayer de s'améliorer. Par exemple, développer les secteurs de l'entreprise qui grandissent le plus, comme la Croissanterie. Avec notre marque ("Il Pasticciere") nous sommes à la deuxième place des parts de marché, avec un chiffre d'affaires qui représente 21% du chiffre d'affaires total de l'entreprise. Nous souhaitons poursuivre la croissance des volumes et de la valeur sur un marché qui démontre de plus en plus d'apprécier la qualité de nos produits.
Vous avez récemment déclaré : "Le Made in Italy fait du bien à tous, souvent même aux étrangers qui profitent des qualités italiennes, en faisant croire au consommateur que leur produit est issu de l'art italien". Pouvez-vous nous expliquer à quoi vous faisiez référence ?
Par "Made in Italy" on n'entend pas seulement, à la lettre "fait en Italie", mais aussi un produit fabriqué par une entreprise italienne et avec le concept et le style italiens. Il est clair que la meilleure chose pour notre pays est un produit fait en Italie par une entreprise complètement italienne, comme par exemple Sammontana, Rana ou Illy; et il faut aussi considérer que les multinationales étrangères, un jour ou l'autre, déplacent la richesse dans leur pays d'origine, et l'Italie s'appauvrit. Même dans la mode, qui est le Made in Italy par excellence, ce procédé est désormais très utilisé et les marques vraiment italiennes sont très peu nombreuses. Je ne juge pas, mais lance juste une idée de réflexion. C'est un problème que l'on n'aborde jamais, il est peut-être temps d'en parler.
|
|
|