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MONTEZEMOLO : " 60 ANS APRÈS L'ESPRIT DE FERRARI N'A PAS CHANGÉ "

Rome - (Ign) - Soixante ans se sont écoulés depuis la fabrication de la première automobile avec un cheval cabré sur le capot, mais " l'esprit de Ferrari est intact ". Le président de l'entreprise de Maranello, fondée en 1947 par Enzo Ferrari et qui a conservé sa vocation première de constructeur de voitures de luxe et de course, Luca Cordero di Montezemolo en est convaincu et il a permis à la marque d'atteindre dans ces deux domaines des résultats peut être uniques dans l'histoire automobile mondiale. Les activités de l'entreprise de Maranello, le seul siège de production des voitures rouges, se distinguent en deux périodes : la première est étroitement liée à son fondateur, Enzo Ferrari, disparu en 1988, l'autre se caractérisée par la présence de Montezemolo dont le bras droit est Jean Todt, fort de 13 ans d'expérience dans la direction d'entreprise.
Cher président, pouvez-vous nous dire comment Ferrari a changé en un demi siècle ?
Montezemolo : L'esprit de Ferrari est resté le même. En revenant à Maranello en 1991 à la présidence de l'entreprise, je tenais à ce que toutes les valeurs d'origine qui font l'exclusivité de la marque, la haute technologie et la passion qui avaient contribué à façonner le mythe Ferrari, soient conservées par une entreprise qui devait pourtant changer de mentalité. En d'autres termes, une entreprise qui ne devrait plus regarder son passé, mais se projeter dans l'avenir avec des modèles capables de répondre aux attentes d'une nouvelle clientèle et d'une écurie de F1 à nouveau gagnante. Nous avons réussi à atteindre ces deux objectifs et ce n'est pas sans orgueil que je peux affirmer que Ferrari est aujourd'hui ce qu'Enzo Ferrari aurait voulu qu'elle soit. En tant que Président, je vais continuer à travailler pour que nos automobiles continuent à faire rêver nos clients et nos fans dans le monde entier.
Les marchés les plus récents des voitures rouges vont de la Chine à Dubaï, la marque Ferrari est-elle ambassadrice de l'Italie en Orient ?
Montezemolo : Il y a deux ans lorsque Ferrari, premier constructeur mondial, a fait faire le tour de la Chine à des journalistes internationaux, beaucoup se sont étonnés du fait que même dans les endroits les plus isolés, les chinois reconnaissaient immédiatement nos voitures et notre marque. Personnellement, cela ne m'a pas surpris car nous avons été présents pendant presque 60 ans dans les courses automobiles dans le monde et il n'est pas étonnant que les gens connaissent et apprécient une marque qui a toujours eu le courage de vouloir relever le défi le plus difficile où seuls les gagnants sont récompensés et les perdants ne sont pas épargnés. Le fait que Ferrari soit autant appréciée y compris sur les nouveaux marchés démontre que la balance penche en notre faveur.
Cher Président, quelle relation entretient Ferrari avec le marché américain. En 2006, il a absorbé 29,8 % des exportations de voitures fabriquées à Maranello ?
Montezemolo : C'est une relation de longue date et les liens qui nous unissent sont très solides. Le marché américain est rapidement devenu le premier client de Ferrari et cela se confirme au fil des ans et pas uniquement, contrairement à ce que l'on pourrait croire, grâce à la Californie, mais aussi à l'ensemble du territoire ainsi qu'au Canada. Nos clients américains sont moins sensibles à la F1, mais ils admirent la maîtrise avec laquelle Ferrari sait depuis toujours conjuguer la technologie et l'exclusivité raffinée, très italienne, du style, des détails et des intérieurs. Aux États-Unis comme désormais dans la plupart des pays du monde, nous avons créé une filiale directe pour pouvoir nous rapprocher de nos clients et leur garantir nos services et notre assistance qui sont indispensables aujourd'hui à une entreprise qui est un leader et qui compte bien le rester.
L'année 2006 a été une année de ventes record pour la Maison de Maranello. Quels sont vos prochains objectifs et vos prochains marchés ?
Todt : L'expression " record de ventes " ne fait pas partie de notre langage. Il est vrai que Ferrari a vendu 5 700 voitures en 2006, mais ce record est davantage le fruit d'une gestion attentive de l'engouement que suscitent nos modèles que d'un simple essor économique. Je veux rappeler ici que la gamme des produits Ferrari est la plus " jeune " sur le marché de l'automobile : la 612 Scaglietti a 3 ans aujourd'hui, le coupé F430 un peu plus de 2 ans, la Spider est encore plus récente tandis que les premiers exemplaires de la 599 ont été livrés l'été dernier. Tous ces modèles connaissent une demande supérieure à notre capacité de production. C'est la raison pour laquelle nous cherchons à satisfaire la demande en fonction des marchés qui sont plus de 50 (52 exactement Ndrl) et des listes d'attentes que nous ne voulons pas voir se rallonger. Cela génère naturellement une légère augmentation de nos ventes que nous réussissons à gérer : grâce au soin que nous apportons à nos produits, associé à la force de la marque Ferrari, les demandes sont en hausse continue. Ce qui de toute façon ne changera pas notre stratégie qui vise à maintenir l'exclusivité de la marque et à entretenir une relation privilégiée avec nos clients qui, par conséquent, ne pourront pas être trop nombreux.
Ferrari et Schumacher : c'est un tandem qui a dominé la F1 au cours des dernières années. Comment envisagez-vous l'après Schumi ?
Todt : C'est vrai que Ferrari et Schumacher ont une relation qui repose sur une exceptionnelle collaboration technique et humaine. Le pilote allemand a su travailler avec nos ingénieurs, tester au volant les innovations techniques introduites et chercher avec eux à atteindre les meilleures performances. Il fait encore partie de la maison et il va nous aider pour la saison qui va commencer même si son fauteuil n'est plus derrière un volant d'une monoplace. Ferrari est une équipe et les pilotes qui en font partie, Massa et Raikkonen, travaillent ensemble en ce moment pour atteindre les meilleurs résultats. Nous savons que nous pouvons continuer à le faire et nous ferons tout pour le traduire dans les faits.
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