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SACS ÉCO-CHIC CARMINA CAMPUS, LE « MADE IN ITALY » SELON ILARIA VENTURINI FENDI

Créer sans détruire. Voilà la devise qui a inspiré la styliste Ilaria Venturini Fendi dans sa création d’une ligne de sacs et d’accessoires (Carmina Campus) conçus à partir du recyclage. Éco-chic et originales, différentes les unes des autres dans le sens où elles sont fabriquées de façon artisanale, les créations d’Ilaria, fille d’Anna, l’une des trois sœurs qui ont créé la marque de mode Fendi, ont le mérite d’allier un design unique à la protection de l’environnement. Pour les réaliser, on utilise des matériaux comme le PVC, des tapis anciens, des pneus de camion, voire des déchets de ferrures.
Les secrets, c’est la designer de Carmina Campus qui nous les dévoile.
Vous venez d’une famille qui a une grande tradition dans la mode : comment vous est née l’idée de créer une marque en l’associant au recyclage des déchets ? Mon ADN est un mélange des savoirs que ma mère et mon père ont acquis. En effet, ma mère m’a enseigné l’amour du travail de la création et mon père m’a éduquée au contact avec la nature. Devenir la designer de l’entreprise familiale était très enrichissant, mais je recherchais également de nouvelles énergies. Ainsi, après avoir découvert un morceau de terre aux portes de Rome, qui avait besoin qu’on s'en occupe, j'ai tout abandonné pour devenir entrepreneure agricole. Je ne pensais plus jamais être designer. Toutefois, j’ai commencé à travailler sur les sacs conférence d’une ONG amie et grâce à leur succès, j’ai compris que j’avais trouvé la voie permettant de relier les deux mondes auxquels j'appartiens.
Votre entreprise travaille de façon artisanale. Il n’existe aucun sac ni aucun accessoire produit en série. À l’étranger, ce caractère unique est-il apprécié ? Un article unique spécial est notre signe distinctif puisque certains de nos clients aiment l’idée qu’il soit personnalisé, en réutilisant les matériaux de leur choix. Cependant, je recherche, pour les meubles aussi, des solutions à mi-chemin entre l’article artisanal et l’article de série, permettant d'éliminer des quantités importantes de matériaux.
Il existe déjà plusieurs points de vente en Europe, dans lesquels vos sacs sont proposés (France, Grande-Bretagne, Espagne et Grèce). Aux États-Unis et en Asie aussi, les choses semblent se présenter plutôt bien : pensez-vous que des marges de développement soient envisageables ?
Nous sommes présents dans des points de vente prestigieux, comme Takashimaya à New York , Dover Street Market à Londres, L'Éclaireur à Paris, Isetan et Takashimaya au Japon, Corso Como en Corée, mais je n’aime pas trop l’idée d’une expansion trop rapide. Nous sommes un petit groupe uni et nous nous développons petit à petit, en cherchant à toujours établir des contacts personnels qui ne soient pas uniquement des rapports commerciaux, mais également des relations contribuant à la diffusion d’un projet.
Vous avez financé les projets de certaines ONG liées aux femmes et à la protection de l’environnement. Est-ce là la valeur ajoutée de votre projet ? Le premier sac Carmina Campus est né afin d’appuyer une campagne contre les mutilations génitales infligées aux femmes. Et aujourd’hui, au Cameroun, un autre projet, qui a vu le jour par nos seules forces, est en cours de développement avec le soutien de l’ITC (International Trade Agency) dont le programme est axé sur la mode éthique. Selon moi, cette valeur ajoutée est la raison pour laquelle certains sacs Message ont été sélectionnés en juillet dernier par l’épouse du maire de Rome, comme cadeau aux premières dames du G8.
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